
Le dépouillement de l’élection présidentielle zambienne du 13 août se poursuit, avec une avance désormais nette du président sortant Hakainde Hichilema. Les chiffres provisoires publiés par la Commission électorale de Zambie placent l’ancien chef de l’opposition en position favorable pour obtenir un second mandat dès le premier tour. Mais le processus reste en cours, après une interruption liée à des incidents de violence et au vol de bulletins.
Selon les chiffres communiqués dimanche 16 août par la Commission électorale et rapportés par Reuters, Hakainde Hichilema recueillait 54,82 % des suffrages après le dépouillement de 105 des 226 circonscriptions, soit 1 056 812 voix. Son principal adversaire, Brian Mundubile, crédité de 43 %, totalisait 830 841 voix. À ce stade, ces résultats restent provisoires et ne permettent pas encore de considérer l’élection comme définitivement tranchée.
Le système électoral zambien prévoit qu’un candidat obtienne au moins 50 % des suffrages valides pour être élu dès le premier tour. À défaut, un second tour doit intervenir dans un délai de 37 jours. L’avance enregistrée par Hichilema constitue donc un indicateur important, mais elle devra être confirmée par l’ensemble des opérations de vérification et de compilation. Le calendrier officiel de la Commission électorale prévoit la déclaration des résultats le 17 août et leur publication entre le 17 et le 24 août.
Le dépouillement a par ailleurs été marqué par un épisode de tension. La Commission électorale a suspendu temporairement les opérations vendredi après des attaques visant des agents électoraux et le vol de bulletins. Le décompte a ensuite repris après le renforcement des mesures de sécurité. Reuters rapporte également que la police zambienne a démenti une information faisant état de l’arrestation de Brian Mundubile.
Au-delà des chiffres, le scrutin constitue un test politique pour le bilan des cinq premières années de Hichilema. Son gouvernement met en avant la restructuration de la dette et les efforts de redressement économique après la crise de la dette. Mais l’Associated Press souligne que la hausse du coût de la vie, le chômage et la persistance de la pauvreté demeurent des préoccupations importantes pour une partie de la population. En 2022, environ 60 % des Zambiens vivaient encore sous le seuil national de pauvreté, selon les données citées par Reuters.
Le scrutin intervient également dans un contexte de controverses politiques. Des accusations de répression et d’atteintes à l’espace politique ont été formulées contre le pouvoir, tandis que le gouvernement les conteste. Ces éléments alimentent les interrogations sur l’environnement électoral, sans toutefois modifier, à eux seuls, les résultats provisoires officiellement comptabilisés.
À mesure que les résultats sont consolidés, Hakainde Hichilema apparaît en position favorable pour conserver la présidence. Toutefois, la prudence demeure nécessaire tant que la totalité des circonscriptions n’a pas été vérifiée et que la Commission électorale n’a pas procédé à la proclamation officielle. L’enjeu immédiat porte donc autant sur l’issue du scrutin que sur la crédibilité et l’acceptation du processus de consolidation des résultats.












