
Réunis à Harare, au Zimbabwe, les ministres des Affaires étrangères des États membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) ont examiné les risques sécuritaires susceptibles d’affecter la stabilité régionale et les ambitions d’intégration économique. Dans son communiqué du 21 octobre 2026, l’organisation mentionne notamment le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les défis politiques et sécuritaires en Éthiopie, la transition politique en Somalie et la piraterie. Les différends électoraux et les conséquences humanitaires des conflits figurent également parmi les préoccupations recensées.
La réunion de Harare met en évidence un enjeu central pour les économies de la région : la sécurité ne relève pas uniquement des politiques nationales de défense. Elle concerne aussi la circulation des personnes, l’acheminement des marchandises et la prévisibilité des échanges commerciaux. Dans un espace économique où plusieurs pays dépendent de corridors terrestres, maritimes et portuaires pour accéder aux marchés, l’instabilité peut compliquer les opérations logistiques et augmenter les coûts supportés par les entreprises.
Le conflit dans l’est de la RDC constitue l’un des dossiers sensibles de cet environnement régional. Les affrontements et leurs conséquences humanitaires affectent les populations des zones concernées et peuvent perturber les activités économiques locales. Toutefois, pour mesurer précisément les répercussions sur les échanges du COMESA, il convient de distinguer les effets documentés sur les territoires touchés des conséquences commerciales qui nécessitent des données spécifiques sur les itinéraires, les flux de marchandises et les délais de transport.
En Éthiopie, les défis politiques et sécuritaires soulignés par l’organisation rappellent l’importance de la stabilité intérieure pour la continuité des activités économiques. En Somalie, la transition politique s’inscrit dans un contexte où les questions de sécurité et de gouvernance demeurent déterminantes. La piraterie représente, pour sa part, un risque potentiel pour les activités maritimes, les coûts de transport et la sécurité des navires. Son incidence effective doit néanmoins être appréciée à partir de données actualisées sur les incidents, les routes empruntées et les mesures de protection déployées.
Les différends électoraux constituent une autre dimension des risques identifiés. Lorsqu’ils provoquent des tensions ou des interruptions d’activité, leurs conséquences peuvent dépasser le cadre politique national. Les restrictions de circulation, les perturbations des marchés et les difficultés d’accès aux services essentiels sont autant d’effets à examiner lorsqu’ils sont établis par des sources fiables. Les déplacements de populations et les besoins humanitaires exigent également une attention particulière, sans que leur ampleur puisse être déduite du seul communiqué ministériel.
Pour le COMESA, l’enjeu consiste à traduire les préoccupations communes en mécanismes de coopération adaptés. L’évaluation des progrès nécessitera des indicateurs vérifiables : évolution des violences, déplacements de populations, incidents maritimes, fluidité des corridors commerciaux et décisions effectivement mises en œuvre par les États membres. Le communiqué du 21 octobre établit les principaux risques examinés, mais ne suffit pas, à lui seul, à démontrer l’adoption de nouvelles mesures contraignantes.
En définitive, la réunion de Harare rappelle que l’intégration économique régionale dépend aussi des conditions politiques et sécuritaires dans lesquelles s’effectuent les échanges. L’efficacité des réponses envisagées devra être appréciée à partir des décisions officielles, de leur application et de résultats mesurables sur le terrain. Toute évolution annoncée ultérieurement devra être vérifiée avant de conclure à un changement concret de la situation régionale.










