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Zambie : cuivre, électricité et monnaie au cœur des enjeux économiques avant l’élection du 13 août

photo d'illustration

À trois jours de l’élection présidentielle et législative du 13 août, la Zambie aborde le scrutin dans un contexte où les questions économiques occupent une place centrale. Le cuivre, principale source de devises du pays, est au cœur d’une stratégie visant à porter la production à trois millions de tonnes par an d’ici 2031. Mais cette ambition dépend aussi de la capacité du pays à sécuriser durablement son approvisionnement électrique.

Le secteur minier constitue l’un des principaux piliers de l’économie zambienne. Selon Reuters, il représente environ 9 % du produit intérieur brut, génère près de 72 % des recettes d’exportation et contribue à près de la moitié des recettes publiques. La production de cuivre a atteint environ 890 000 tonnes en 2025, contre 826 000 tonnes en 2024, selon les données présentées au Parlement. L’objectif gouvernemental de trois millions de tonnes à l’horizon 2031 suppose donc une progression considérable en quelques années.

Cette stratégie bénéficie d’un contexte international favorable au cuivre. Reuters indiquait début août que les contrats de référence avaient progressé de plus de 40 % sur un an, atteignant environ 14 000 dollars la tonne, soutenus notamment par les besoins liés aux véhicules électriques, aux réseaux électriques et aux infrastructures. Pour Lusaka, cette conjoncture crée une possibilité d’accroître les recettes d’exportation et d’attirer davantage d’investissements miniers. Plus de 10 milliards de dollars d’investissements auraient été engagés dans le secteur depuis l’élection de 2021, selon la Chambre des mines citée par Reuters.

Le principal point de tension concerne toutefois l’électricité. Les industriels estiment que l’expansion minière nécessiterait environ 2 000 MW supplémentaires. Le gouvernement affirme, de son côté, avoir porté la capacité installée nationale de 3 100 MW en 2021 à 4 576 MW en 2026, notamment grâce au solaire et à la mise en service complète de la centrale hydroélectrique de Kafue Gorge Lower. Cette progression ne supprime cependant pas la question de la disponibilité effective de l’électricité, particulièrement dans un pays dont le système a été affecté par les épisodes de sécheresse.

Le troisième indicateur à surveiller est le kwacha. Reuters rapportait le 6 août que la monnaie zambienne évoluait autour de 19,25 kwachas pour un dollar, sous pression dans un contexte de prudence des investisseurs avant le scrutin. Une semaine auparavant, les banques commerciales la cotait autour de 18,95 pour un dollar, contre 18,54 une semaine plus tôt. Cette évolution ne permet pas, à elle seule, de déterminer l’impact durable de l’élection sur la monnaie, mais elle constitue un indicateur suivi par les marchés.

Ainsi, le scrutin du 13 août intervient à un moment où les électeurs et les investisseurs peuvent observer simultanément trois paramètres : la capacité à accroître la production de cuivre, la disponibilité énergétique nécessaire à cette expansion et la stabilité macroéconomique. Le résultat électoral donnera surtout une indication sur la continuité ou l’évolution des politiques économiques. La concrétisation de l’objectif de trois millions de tonnes dépendra, au-delà du scrutin, des investissements miniers, de l’électricité disponible, des infrastructures et de la stabilité du cadre réglementaire.

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