
Le 6 août 2025, dans la continuité des activités de EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique) liées au projet ACTE (Appui aux Acteurs Citoyens Tchadiens et aux Elections), le Musée national du Tchad, situé dans la commune du 5e arrondissement de la ville de N’Djamena a servi de cadre à l’organisation d’un forum citoyen ayant réuni élus locaux de l’arrondissement et population sur le thème « Attributions et fonctionnement des conseils provinciaux et communaux ».
A titre de rappel, du 21 au 25 juillet dernier, s’est tenu dans la capitale tchadienne un séminaire national sur la décentralisation. A plusieurs égards, ce forum citoyen initié par EISA apparait comme le prolongement de ce séminaire. Puisqu’il a pu permettre aux administrés de la commune d’avoir des échanges directs et francs avec leurs élus au sujet de la compréhension de leurs attributions et sur le fonctionnement de leurs missions régaliennes.
La participation citoyenne ne doit pas s’arrêter aux élections
EISA a été représenté à cette activité par sa chargée de programmes, Grâce Isselé qui dans son allocution d’ouverture a souligné que ce forum visait à « renforcer les capacités des populations à comprendre les institutions qui les gouvernent et à apporter leurs contributions dans la gouvernance ». En ce qui la concerne, la « participation citoyenne ne doit pas s’arrêter aux élections ». A sa suite, l’adjoint au maire de la commune, Hassan Ahmed Djimet, a exprimé sa gratitude à EISA pour l’initiative de « ce cadre d’échanges sur la responsabilité des élus locaux »

Une fois les allocutions terminées, trois panélistes (Youssouf Mahamat Idriss, le représentant de l’administrateur délégué auprès de la commune du 5e arrondissement ; Dr Adoum Inoua expert en décentralisation et consultant auprès de la commune et Youssouf Yacoub Abderaham le secrétaire général de la commune du 5e arrondissement) ont pris le relais pour des communications tournant autour des questions suivantes : comment comprendre le conseil provincial ? et comment comprendre le conseil communal ? L’auditoire était composé du personnel de la commune, des acteurs de la société civile de la commune, des responsables administratifs, des chefs de carré et de quartier, etc. Les différentes lois suivantes, relatives à la décentralisation à savoir la loi 014/CNT/2024, la loi 024/CNT/2024 et la loi 028/CNT/2024 ont été expliquées à chaque fois dans les deux langues officielles du Tchad, pour une meilleure compréhension de toute l’assistance.
En retour, l’assistance a multiplié des questions en vue d’enrichir les débats très ouverts et largement interactifs. De manière concrète, il en est ressorti que les uns et les autres doivent faire preuve de patience en vue d’atteindre une réelle décentralisation dans le pays ; car les textes d’applications tardent à se mettre en place. Et quand bien même ces textes existent, la compréhension n’est pas la même pour tous. A ce propos, la société civile a été indexée, puisqu’à travers la sensibilisation, son importance est capitale pour la pérennité et le renforcement des acquis démocratiques ; et ce malgré les fonds nécessaires pas toujours suffisants.
La société civile appelée à accompagner davantage l’exécutif communal

« J’ai beaucoup appris grâce à ce forum où on a parlé de décentralisation. Je remercie EISA pour avoir initié cette rencontre avec nos agents de la commune du 5e arrondissement. De telles initiatives sont à reproduire pour nous aider à mieux travailler », a déclaré Souad Seide, conseillère municipale de la commune. Sa collègue, Tryphène Gbeuhudeue, secrétaire au sein de la même commune estime avoir « amélioré ses compétences quant à la compréhension des attributions des élus communaux ».
En guise de recommandations, EISA a été interpellé en ce qui concerne le timing trop court d’une telle rencontre. Les participants souhaitent plus de temps pour la circonstance. Quant à la société civile, elle doit davantage mener des actions citoyennes afin d’accompagner l’exécutif communal à mieux servir les populations.










