
Dans le cadre du projet ACTE (Appui aux Acteurs Citoyens Tchadiens et aux Elections) qui vise à renforcer les capacités des élus locaux, à éduquer les populations et en les sensibilisant sur leurs droits et devoirs en vue d’une participation citoyenne efficace dans la gestion des affaires de la cité, EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique) avec l’appui financier de l’Union européenne a planifié plusieurs activités sur l’ensemble du territoire du Tchad.
Ces activités sont concentrées à travers forum, focus groupe, atelier et aussi séminaire au cours desquels des échanges, des discussions, des débats ont permis et permettent de favoriser une véritable harmonie et d’accentuer des liens de collaboration entre les élus locaux et les administrés.
A l’instar de ce qui s’est passé dans les autres localités les jours précédents, c’est la commune du 6e arrondissement de la ville de N’Djamena qui a servi de cadre à un forum citoyen le 7 août 2025 sur le thème « Attributions et fonctionnement des conseils provinciaux et communaux ».
En plus des responsables de EISA, ont pris part à cette rencontre citoyenne afin de plancher sur l’avenir de leur commune, l’administratrice déléguée du 6e arrondissement, l’adjoint au maire, plusieurs conseillers municipaux, des responsables des partis politiques, des responsables des organisations de la société civile, les chefs de carré, les chefs de quartier et de nombreuses autres personnes vivant dans la commune.
Nécessité d’une franche collaboration entre les élus et leurs administrés
En ouvrant les travaux, le directeur des programmes de EISA, Justin Doua Goré a raconté une histoire montrant très souvent le contraste existant entre les aspirations de la population et les réalisations des élus locaux. Ceci pour souligner la nécessité d’une franche collaboration entre les élus et leurs administrés en vue du développement de leurs localités.

L’objectif pour EISA étant de « créer un dialogue direct entre les élus, les autorités et les populations où chacun doit jouer son rôle dans la décentralisation ». L’adjoint au maire, Hassane Mahamat Bako a pour la circonstance, remercié EISA pour cette initiative de rapprochement entre l’administration et le citoyen.
Trois panélistes ont animé la rencontre. D’abord le conseiller municipal Gabdibé qui a fait un exposé sur « le rôle et les attributions du Conseil municipal ». Il en ressort que le Conseil municipal est l’organe de décision d’une commune. Composé de 18 membres, il est élu pour un mandat de 6 ans, et est dirigé par un maire. Il veille à la planification du développement de la commune ; à la création et gestion d’infrastructures (écoles, santé, routes, marchés…) ; à la gestion du domaine communal (eau, forêts, terres, pollution…) ; à la fixation des taxes et budget communal et à la coopération avec d’autres communes. Le Conseil communal se réunit en session ordinaire deux fois par an et en session extraordinaire chaque fois qu’il estime à la majorité des 2/3 des conseillers.
Ensuite, le second panéliste, représentant le maire, a présenté un exposé sur « le rôle du maire face à la population : ses réalisations. Comment est-ce que les décisions sont prises au niveau du Conseil exécutif, le rôle des chefs de carré ». A la compréhension de cette intervention, le maire est le chef de l’exécutif communal ; il exécute les décisions du Conseil exécutif qui sont prises à la majorité absolue des conseillers municipaux. Quant aux chefs de carré, ils sont sous l’autorité de l’administrateur délégué, toutefois, pour la bonne coordination des activités, ils sont tenus d’avoir une saine collaboration avec le maire.
Renforcer les capacités des élus locaux
C’est à l’administratrice déléguée (Virginie Demba Djedangde) du 6e arrondissement qu’est revenu l’insigne honneur de clôturer les panels, sous le thème « la différence entre décentralisation et déconcentration : les attributions d’un administrateur délégué ». Méthodiquement, elle a expliqué comment le Tchad, Etat unitaire depuis son indépendance, a opté pour la déconcentration. C’est un processus qui permet à un Etat de nommer ses représentants (administrateur délégué, préfet, sous-préfet) en leur donnant du pouvoir et des ressources afin d’administrer des localités.

Dans la déconcentration, les autorités déconcentrées de l’Etat ont une hiérarchie. Quant à la décentralisation, c’est un transfert de compétences aux élus locaux (maire, conseillers municipaux, conseillers provinciaux) qui sont des personnalités juridiques et autonomes. L’administrateur délégué a pour rôle de servir les administrés, vu sa proximité avec eux ; il exerce le contrôle de l’Etat pour faire respecter la loi. Entre les élus locaux et l’administrateur délégué, doit exister une complémentarité pour le bien-être des populations, surtout pour une efficacité et une rapidité d’actions.
La série de questions-réponses qui a suivi les interventions des panélistes, très enrichissante et très abondante, a donné lieu à une compréhension optimale du thème de ce forum citoyen. On retiendra parmi les recommandations, la demande adressée à EISA et acceptée par son représentant, de renforcer les capacités des élus locaux dans des domaines pouvant leur assurer une meilleure performance dans l’exercice de leurs fonctions régaliennes.










