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Soudan : l’afflux de réfugiés vers le Tchad s’accélère avec la baisse de l’aide

photo d'illustration

La poursuite des combats au Soudan continue d’alimenter les déplacements de population vers le Tchad voisin. Les données des Nations unies font état de plus de 940 000 réfugiés soudanais ayant franchi la frontière tchadienne depuis avril 2023. Dans le même temps, les organisations humanitaires alertent sur la réduction des ressources disponibles, alors que les besoins continuent de progresser dans l’est du pays.

Depuis le début du conflit soudanais, le Tchad constitue l’une des principales destinations des populations fuyant les violences, notamment celles originaires du Darfour. Selon les données de l’UNHCR arrêtées au 16 août 2026, 942 954 réfugiés soudanais avaient franchi la frontière tchadienne depuis avril 2023, dont 939 849 étaient enregistrés ou préenregistrés. La majorité se trouve dans les provinces de l’Ouaddaï, du Wadi Fira, du Sila et de l’Ennedi Est.

Les mouvements se poursuivent en 2026. L’UNHCR et ses partenaires avaient comptabilisé près de 15 000 nouveaux arrivants depuis janvier lors de leur évaluation publiée en avril. Les données de suivi font également apparaître une concentration croissante des arrivées dans certaines zones septentrionales et orientales du Tchad. Une analyse de FEWS NET indiquait notamment que plus de 5 000 personnes avaient franchi la frontière entre le 1er et le 29 juin, contre environ 2 000 en mai, principalement depuis les zones affectées par les combats au Darfour.

Cette pression démographique intervient alors que les capacités de réponse humanitaire diminuent. En avril, l’UNHCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) estimaient à 428 millions de dollars le déficit de financement nécessaire pour maintenir leurs opérations auprès des réfugiés soudanais au Tchad. Le PAM indiquait par ailleurs que ses ressources ne permettaient déjà plus de maintenir les niveaux antérieurs d’assistance alimentaire.

Les conséquences concernent également les conditions d’accueil. Selon le PAM et l’UNHCR, environ 80 000 familles étaient alors dépourvues d’abri, tandis que certains sites connaissaient des difficultés importantes d’accès à l’eau. Dans le camp d’Ouré-Cassoni, qui accueille plus de 117 000 réfugiés, Médecins sans frontières a également signalé en septembre la poursuite des arrivées alors que les financements humanitaires diminuent.

Le Tchad doit parallèlement composer avec une population déplacée considérable. À la fin juillet 2026, l’UNHCR estimait à environ 2,28 millions le nombre de personnes déplacées de force présentes dans le pays, dont environ 1,56 million de réfugiés et demandeurs d’asile.

La situation combine ainsi deux dynamiques qui se renforcent mutuellement : la persistance des déplacements depuis le Soudan et la contraction des moyens consacrés à leur prise en charge. Les données disponibles montrent que le Tchad demeure un espace majeur d’accueil pour les populations soudanaises, tandis que les organisations humanitaires disposent de ressources plus limitées pour répondre à des besoins qui restent élevés.

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