
La principale coalition d’opposition de la République démocratique du Congo (RDC) a rejeté, le 27 octobre 2026, le soutien à une rébellion armée associée à l’ancien président Joseph Kabila. Elle a également réaffirmé son opposition aux réformes politiques susceptibles de prolonger le maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi. Dans le même temps, elle a appelé les différentes parties à privilégier un dialogue inclusif. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques et une situation sécuritaire préoccupante.
La coalition C64, qui rassemble cinq responsables de l’opposition, dont Martin Fayulu et Moïse Katumbi, a formulé cette position à l’issue d’une réunion de deux jours à Rome, en Italie. Selon Reuters, elle estime qu’aucune solution militaire ne permettra de résoudre le conflit et souhaite favoriser des discussions associant les différentes parties. Elle entend ainsi distinguer son opposition au pouvoir en place de tout soutien à une prise de pouvoir par les armes.
Cette déclaration intervient alors que Joseph Kabila, président de la RDC de 2001 à 2019, a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politique et militaire liée à l’Alliance fleuve Congo (AFC) et au Mouvement du 23 mars (M23). Cette recomposition a été rapportée par l’Associated Press en octobre 2026. Elle ajoute une dimension politique à un conflit qui affecte particulièrement l’est du pays, où les groupes armés, les rivalités territoriales et les enjeux de ressources entretiennent une situation sécuritaire difficile.
Sur le terrain institutionnel, la C64 maintient son opposition aux réformes constitutionnelles susceptibles de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Élu en 2018 puis réélu en 2023, le président doit, selon le calendrier actuel, achever son second mandat en 2028. La Constitution congolaise limite à deux le nombre de mandats présidentiels de cinq ans. Les propositions de modification constitutionnelle suscitent des critiques de l’opposition, qui estime qu’elles pourraient remettre en cause cette limitation. Le débat porte donc sur les conditions d’exercice du pouvoir, le respect des règles constitutionnelles et la stabilité des institutions.
La position de la coalition ne se limite pas à une déclaration de principe. D’après Reuters, ses responsables souhaitent rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de contribuer à l’organisation d’un dialogue inclusif. Cette démarche constitue une intention annoncée, et non la preuve qu’une rencontre a été acceptée ou qu’un processus de négociation a officiellement commencé. La distinction est importante, car le président avait annoncé en août un dialogue national, tout en excluant les groupes armés de la procédure envisagée. La question de la participation des acteurs impliqués dans le conflit demeure ainsi un point de divergence.
La coalition a également demandé la libération de responsables de l’opposition détenus, notamment Prince Epenge, allié de Martin Fayulu. Selon les informations rapportées par Reuters, celui-ci aurait été interpellé à l’aéroport de Kinshasa et empêché de se rendre à Rome. Cette accusation doit être distinguée d’un fait judiciairement établi en l’absence d’éléments complémentaires indépendants.
En définitive, la déclaration de la C64 met en évidence deux exigences politiques distinctes : le refus du recours à la force pour conquérir le pouvoir et la contestation des réformes susceptibles de modifier les conditions de son exercice. Sa portée dépendra désormais des suites concrètes données à l’appel au dialogue, de la réponse des autorités et des autres acteurs concernés. À ce stade, aucune conclusion ne permet d’affirmer qu’un compromis a été trouvé. La prochaine étape déterminante sera donc de vérifier si cette initiative débouche sur des consultations effectives et des engagements vérifiables.












