
Un reportage du Washington Post, publié le 22 octobre 2026, remet en lumière la durée des séjours à l’étranger du président camerounais Paul Biya. Son absence de plus de dix semaines en Europe, entre juin et août, constitue, selon les informations rapportées, le plus long séjour à l’étranger enregistré depuis son accession au pouvoir en 1982. Au-delà de la question de sa présence physique, cet épisode soulève des interrogations sur la continuité de l’État, les modalités d’exercice du pouvoir et les conséquences économiques de la gouvernance présidentielle.
Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour en Europe que la présidence avait qualifié de « bref séjour privé ». Il n’est rentré à Yaoundé que le 20 août, après plus de dix semaines d’absence. Cette durée, supérieure à deux mois, a replacé la question de ses déplacements internationaux au centre de l’attention médiatique, alors que le chef de l’État dirige le pays depuis novembre 1982.
Dans son reportage publié le 22 octobre, le Washington Post examine la fréquence et la durée de ces déplacements au fil des années, en accordant une attention particulière aux séjours en Suisse. Le journal estime que Paul Biya aurait consacré environ quatre ans et demi à des voyages privés à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. Cette estimation, attribuée au quotidien américain, donne une mesure de la place occupée par ces absences dans une présidence qui approche cinq décennies de durée si elle se poursuit jusqu’en 2032.
La présidence camerounaise soutient que le chef de l’État a continué à diriger les affaires publiques pendant son séjour européen. Cette position constitue un élément important du débat : l’absence physique d’un président ne signifie pas, à elle seule, une interruption du fonctionnement des institutions. Toutefois, pour apprécier concrètement la continuité de l’action gouvernementale, il faudrait disposer d’informations détaillées sur les mécanismes de décision mobilisés, le suivi des dossiers prioritaires et les conditions de coordination entre la présidence et les autres institutions.
Le retour de Paul Biya n’a pas mis fin aux commentaires sur ses déplacements. Le 22 août, il a notamment reçu les Lionnes Indomptables au Palais de l’Unité. Certains Camerounais, rapporte toujours le Washington Post, ironisent sur ses retours au pays en les présentant comme des « visites officielles » dans son propre État. Ces réactions témoignent d’une controverse publique autour de la présence présidentielle, sans permettre, à elles seules, de mesurer l’opinion de l’ensemble de la population.
La dimension économique mérite également d’être examinée avec prudence. Les séjours à l’étranger d’un chef d’État peuvent entraîner des dépenses de déplacement, de sécurité et d’accompagnement. Néanmoins, leur coût précis pour le Cameroun ne peut être établi sans données budgétaires vérifiables. De même, attribuer les difficultés économiques nationales à la seule durée des absences présidentielles nécessiterait une démonstration fondée sur des indicateurs économiques et des mécanismes de causalité clairement identifiés.
Le reportage du Washington Post remet ainsi en discussion une question centrale pour la gouvernance camerounaise : comment garantir la transparence, la continuité de l’action publique et la responsabilité institutionnelle lorsque le président séjourne durablement à l’étranger ? Les éléments disponibles établissent la durée de la dernière absence et documentent la récurrence de cette pratique selon le quotidien américain. L’évaluation de ses conséquences politiques, administratives et économiques exige cependant des données complémentaires, ainsi qu’un examen des mécanismes institutionnels effectivement mis en œuvre.











