Home AFRIQUE RDC-Ebola : l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire du pays

RDC-Ebola : l’épidémie devient la plus meurtrière de l’histoire du pays

Photo d'illustration

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a franchi un seuil historique. Avec 2 325 décès et 4 945 cas confirmés au 16 août, selon les données rapportées par Reuters, elle dépasse désormais le bilan de l’épidémie de 2018-2020. La progression rapide du virus, les difficultés de traçage compliquent la réponse sanitaire.

Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l’épidémie est liée au virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, une souche pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué. L’Organisation mondiale de la santé indiquait au 30 juillet 3 605 cas confirmés et 1 587 décès en RDC, avec une létalité brute de 44 %. En un peu plus de deux semaines, le bilan communiqué par les autorités et relayé par Reuters a donc nettement progressé, même si l’augmentation des chiffres reflète à la fois la transmission et l’intensification des capacités de surveillance, de dépistage et de diagnostic.

L’Ituri demeure le principal foyer. Au 30 juillet, cette province concentrait 88 % des cas confirmés et 82,6 % des décès enregistrés dans le pays, selon l’OMS. L’épidémie s’est ensuite étendue à une sixième province, le Bas-Uele, après un décès à Buta. Cette extension illustre les difficultés de contrôle dans une région marquée par les déplacements de populations, l’insécurité, les activités minières et la faiblesse des infrastructures de santé.

Le traçage des contacts constitue l’un des principaux points de fragilité de la riposte. L’OMS recensait plus de 17 800 contacts sous suivi au 30 juillet. Mais l’Associated Press rapporte que 60 à 70 % des nouveaux cas sont désormais détectés en dehors des personnes déjà surveillées. Reuters évoque, pour sa part, une proportion pouvant atteindre 80 %. Malgré ces différences de période et de méthode, les deux estimations décrivent une même difficulté : des chaînes de transmission échappent au dispositif de surveillance.

Les personnels de santé sont également exposés. Au 30 juillet, l’OMS recensait 151 cas confirmés parmi les travailleurs de santé, dont 44 décès. L’AP fait état de difficultés supplémentaires liées aux ressources limitées, aux retards de rémunération et aux perturbations du fonctionnement de certains centres. Dans les zones affectées par l’insécurité, l’accès des équipes sanitaires demeure difficile.

Sur le volet médical, des vaccins et traitements expérimentaux font l’objet d’évaluations cliniques, tandis que l’OMS examine aussi la possibilité d’utiliser des vaccins existants pour une protection croisée. La réponse repose sur la détection précoce, l’isolement, les soins de soutien, la prévention des infections, les enterrements sûrs, le suivi des contacts et l’implication des communautés.

L’enjeu dépasse désormais le seul bilan national. L’apparition de cas en dehors des chaînes connues et l’extension à de nouvelles provinces rendent la surveillance transfrontalière essentielle. L’expérience récente de l’Ouganda, où des cas liés à la RDC ont été signalés, montre que la circulation des personnes peut rapidement donner une dimension régionale à la crise. La priorité reste donc de réduire les transmissions non détectées et de renforcer simultanément les capacités de soins, de laboratoire et de surveillance.

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