
Mercredi 28, une pirogue transportant plus de 130 migrants a chaviré au large des côtes mauritaniennes. Selon les garde-côtes, au moins 40 personnes ont péri dans la tragédie, tandis que 17 rescapés ont pu regagner la terre ferme après avoir nagé plus d’une heure dans des conditions extrêmes. Mais l’inquiétude reste vive : près de 80 passagers demeurent portés disparus.
La pirogue avait quitté la Gambie avec à son bord principalement des ressortissants gambiens et sénégalais, décidés à rejoindre l’Europe en empruntant la périlleuse « route atlantique », l’une des plus mortelles du monde. En dépit des risques, ce trajet continue d’attirer des milliers de candidats à l’exil, fuyant le chômage, l’instabilité politique ou encore la pauvreté chronique dans leur pays.
Les garde-côtes mauritaniens, déployés rapidement sur la zone, ont réussi à secourir quelques survivants. Mais la plupart des passagers, épuisés et incapables de résister aux courants puissants de l’Atlantique, n’ont pas survécu. « Le bilan est déjà lourd, mais il pourrait s’aggraver dans les prochaines heures », confie une source sécuritaire à Nouakchott.
Cette tragédie illustre une fois de plus l’ampleur de la crise migratoire en Afrique de l’Ouest. Selon les organisations humanitaires, la route qui mène des côtes sénégambiennes aux Canaries reste l’une des plus meurtrières, avec des centaines de naufrages recensés chaque année. Les embarcations de fortune, surchargées, affrontent un océan imprévisible et des trajets de plusieurs jours sans vivres suffisants.
Face à ces drames récurrents, les appels se multiplient pour renforcer la coopération régionale et européenne afin d’offrir des alternatives sûres aux jeunes Africains tentés par l’exil. Mais sur le terrain, le désespoir continue de pousser des familles entières à se lancer dans des traversées dont l’issue est trop souvent tragique.












