
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) poursuit sa campagne d’assassinats ciblés dans le nord du Mali. Après l’exécution de Mariam Cissé, une jeune créatrice de contenus sur TikTok, en novembre 2025, l’organisation djihadiste revendique désormais la mort d’Abdoulaye Tandina, chef des bouchers de Tonka, dans la région de Tombouctou. Cette nouvelle attaque confirme une stratégie visant à affaiblir les relais sociaux et économiques locaux tout en consolidant son influence territoriale.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), principale coalition djihadiste affiliée à Al-Qaïda au Sahel, a revendiqué un nouvel assassinat ciblé dans la région de Tombouctou, au nord du Mali. La victime, Abdoulaye Tandina, identifié comme le chef des bouchers de la localité de Tonka, a été exécutée dans des circonstances rapportées par plusieurs canaux proches de l’organisation. Cette revendication intervient quelques mois après l’assassinat de Mariam Cissé, une TikTokeuse de 20 ans tuée le 6 novembre 2025, dont la mort avait suscité une vive émotion dans plusieurs localités du pays.
Selon les informations disponibles, cette exécution constitue le quatrième assassinat ciblé recensé dans cette zone en quelques mois. La répétition de ces attaques laisse apparaître une évolution des modes opératoires du JNIM, qui semble privilégier des actions sélectives contre des personnalités occupant une position d’influence au sein des communautés locales. Les victimes ne sont plus seulement choisies pour leur appartenance aux forces de sécurité ou aux autorités administratives, mais également pour leur rôle économique, social ou leur visibilité publique.
L’assassinat d’Abdoulaye Tandina illustre cette dynamique. En s’en prenant au responsable d’une corporation professionnelle, le JNIM touche un acteur essentiel de la vie économique locale. Dans les zones rurales et semi-urbaines du nord du Mali, les responsables de métiers organisés jouent souvent un rôle de médiation sociale et participent au fonctionnement quotidien des communautés. Leur élimination contribue à fragiliser les structures locales et à instaurer un climat d’intimidation susceptible de limiter toute forme de résistance ou de coopération avec les autorités.
Depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à une insécurité persistante alimentée par les groupes armés djihadistes. D’après les estimations de plusieurs organisations internationales, les violences liées au conflit ont provoqué des milliers de morts et déplacé plus de 400 000 personnes à l’intérieur du pays. Les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Kidal, Mopti et une partie de Ségou figurent parmi les territoires les plus affectés par cette dégradation sécuritaire, où les attaques contre les civils, les responsables communautaires et les infrastructures se multiplient.
Les assassinats ciblés constituent désormais un instrument récurrent de la stratégie du JNIM. Au-delà de leur impact immédiat, ces opérations produisent un effet psychologique important en diffusant un sentiment d’insécurité permanent. Elles permettent également au groupe de sanctionner les personnes perçues comme opposées à son influence ou refusant de se conformer à ses règles, tout en renforçant sa capacité de contrôle dans des espaces où la présence de l’État demeure limitée.
La multiplication de ces exécutions souligne les défis persistants auxquels les autorités maliennes restent confrontées dans le rétablissement de l’autorité publique dans le nord du pays. Elle met également en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des leaders communautaires, des acteurs économiques et des figures de la société civile, devenus des cibles privilégiées des organisations armées. Tant que ces assassinats continueront d’affaiblir les réseaux locaux de gouvernance et de cohésion sociale, la stabilisation durable des régions septentrionales du Mali demeurera un objectif difficile à atteindre.












