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Mali : soupçonnée de soutenir l’armée, une jeune Tiktokeuse de 20 ans exécutée sur la place publique par le JNIM

Mariam Cissé, une jeune Tiktokeuse de 20 ans exécutée sur la place publique par les insurgés du JNIM

Le 6 novembre 2025, Mariam Cissé, une jeune Malienne populaire sur TikTok pour ses vidéos en soutien à l’armée et mettant en lumière la ville de Tonka, a été enlevée sur le marché d’Echel, dans la région de Tombouctou. Le lendemain, elle a été exécutée sur la place publique par des jihadistes présumés affiliés au groupe JNIM (Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin), dans la localité de Tonka, désormais sous le contrôle des groupes armés. Cet acte violent, qui s’inscrit dans le cadre des violences récurrentes dans le nord du Mali, a bouleversé les communautés locales et suscite des interrogations sur la dérive inquiétante du conflit dans la région.

Mariam Cissé était une figure émergente sur les réseaux sociaux, particulièrement sur TikTok, où elle partageait des vidéos quotidiennes de la vie à Tonka, sa ville natale et de son environnement. Son contenu, bien que modeste, s’inscrivait dans une dynamique de diffusion d’une réalité locale souvent ignorée par les grands médias. Cependant, son travail d’influenceur a fait d’elle une cible pour les groupes armés opérant dans la zone. L’enlèvement et l’exécution publique de Mariam Cissé interviennent dans un contexte où la guerre au Sahel ne se limite plus aux combats armés. Elle est également une guerre de communication, où l’information, l’opinion publique et la liberté d’expression sont devenus des instruments de pouvoir.

Cette tragédie fait écho aux inquiétudes croissantes quant à la montée en puissance des groupes jihadistes, qui cherchent à imposer leur propre narrative et à contrôler le discours public. En tuant une jeune femme dont la voix avait trouvé un écho sur les plateformes numériques, ces groupes affirment leur domination sur un territoire où la parole et l’information sont désormais perçues comme des menaces potentielles. La méthode utilisée, à savoir, l’exécution publique, est un message clair : tout acte de communication ou de diffusion d’informations jugées contraires aux idéologies de ces groupes sera réprimé de manière impitoyable.

Dans ce contexte, la guerre au Sahel prend une tournure où la peur de parler se superpose à la violence physique. Les populations locales se retrouvent prises entre deux feux : d’un côté, des régimes militaires ou gouvernementaux aux prises avec des enjeux géopolitiques et de l’autre, des groupes armés cherchant à asseoir leur autorité par la terreur. Les voix indépendantes, comme celle de Mariam Cissé, deviennent ainsi des cibles privilégiées dans ce conflit multifacette.

L’exécution de Mariam Cissé n’est pas seulement un acte de terreur, mais aussi un symbole de la manière dont la guerre de l’information façonne la réalité du Sahel aujourd’hui. Elle rappelle cruellement que, dans cette région dévastée par les conflits, la parole et la communication sont désormais des terrains de bataille aussi importants que le contrôle du territoire.

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