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Guinée-Bissau : le président Sissoco Embaló limoge le Premier ministre Rui Duarte de Barros et nomme Braima Camará

Umaro Sissoco Embalo, président de Guinée-Bissau

En Guinée-Bissau, la scène politique a connu un nouveau rebondissement jeudi 7 août, avec le limogeage du Premier ministre Rui Duarte de Barros par le président Umaro Sissoco Embaló. À sa place, l’ancien candidat à la présidentielle et figure influente du parti au pouvoir, Braima Camará, a été désigné pour occuper la primature.

La décision, officialisée par un décret présidentiel diffusé en début d’après-midi, intervient moins de huit mois après la nomination de Rui Duarte de Barros, qui avait été appelé à la tête du gouvernement en décembre 2024, à la suite de la dissolution du Parlement. À l’époque, sa désignation avait été justifiée par la volonté de stabiliser les institutions et de préparer des élections législatives anticipées.

Mais depuis lors, les tensions internes au sein de l’exécutif et les rivalités entre factions politiques n’ont cessé de peser sur l’action gouvernementale. Si aucune raison officielle n’a été donnée pour justifier ce limogeage, plusieurs observateurs évoquent néanmoins des divergences persistantes entre le chef de l’État et son Premier ministre sur la conduite des réformes économiques et la gestion de certains dossiers sensibles, notamment la lutte contre le narcotrafic.

Le choix de Braima Camará, ancien coordinateur du Mouvement pour l’alternance démocratique (Madem-G15), parti fondé par les proches du président Embaló, marque un tournant dans la stratégie du chef de l’État. Proche allié du président et figure de proue de la majorité, Camará est perçu comme un homme de confiance, capable de resserrer les rangs au sein du pouvoir exécutif en prévision des élections générales prévues en 2025.

Âgé de 62 ans, l’homme d’affaires et ancien ministre du Commerce s’était illustré lors de la présidentielle de 2019, où il avait soutenu Umaro Sissoco Embaló face au candidat du PAIGC, parti historique du pays. Depuis, son influence n’a cessé de croître, au point d’apparaître comme l’un des piliers du régime actuel.

Sa nomination devrait être suivie, dans les prochains jours, par la formation d’un nouveau gouvernement. Selon des sources proches de la présidence, ce remaniement vise à « donner un nouveau souffle » à l’action gouvernementale, dans un contexte marqué par des défis économiques persistants et une pression internationale croissante en faveur de la stabilité institutionnelle.

Dans les rues de Bissau, la nouvelle n’a pas suscité de manifestations visibles, mais les réactions restent partagées. « On change souvent de Premier ministre ici, mais ça ne règle pas nos problèmes », lâche d’un ton las Mariama, commerçante dans le quartier de Bandim. D’autres, au contraire, espèrent que cette nomination permettra une meilleure cohésion au sommet de l’État.

Du côté de l’opposition, la prudence reste de mise. Le PAIGC, principal parti rival du Madem-G15, a appelé à « respecter les procédures constitutionnelles » et à « préserver la stabilité ». À l’international, les partenaires de la Guinée-Bissau, notamment la CEDEAO et l’Union européenne, n’avaient pas encore officiellement réagi ce vendredi matin.

Dans un pays habitué aux changements de têtes à la primature, plus d’une trentaine depuis l’indépendance en 1974, cette nouvelle nomination s’inscrit dans la continuité d’un système politique où le rapport de force l’emporte souvent sur les équilibres institutionnels.

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