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Éthiopie : la reprise des combats au Tigré inquiète après l’accord de Pretoria

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La reprise des affrontements dans le nord de l’Éthiopie ravive les inquiétudes autour de la stabilité du Tigré, près de quatre ans après la fin de la guerre de 2020-2022. Les combats opposent de nouveau les forces fédérales et leurs alliés à des combattants tigréens, dans un contexte marqué par la formation d’une nouvelle coalition armée. La situation comporte également une dimension régionale, notamment en raison des tensions persistantes entre Addis-Abeba, Asmara et Khartoum.

Les hostilités se sont intensifiées à partir du 23 septembre dans plusieurs secteurs du nord de l’Éthiopie, notamment au Tigré et dans les régions voisines d’Afar et d’Amhara. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le gouvernement fédéral présentent des versions divergentes de l’origine de l’escalade, chacun accusant l’autre d’avoir déclenché les nouvelles opérations. Al Jazeera rapporte que les combats ont entraîné des affrontements sur plusieurs fronts et perturbé les déplacements aériens dans la région.

Le 28 septembre, les forces gouvernementales et leurs alliés ont annoncé avoir repris Alamata, une ville stratégique située au sud de Mekele. Des images diffusées par une milice favorable au gouvernement montrent des combattants dans les rues de la ville. Reuters a indiqué que deux sources diplomatiques confirmaient sa chute, tandis qu’une troisième estimait que le contrôle complet de la localité restait incertain.

Cette nouvelle séquence intervient après la formation, en septembre, d’une alliance réunissant sept mouvements armés ou d’opposition, dont le TPLF, le mouvement Fano de la région Amhara et l’Armée de libération Oromo. L’alliance affirme vouloir remplacer le gouvernement d’Addis-Abeba par une période de transition. Sa constitution rapproche toutefois des groupes ayant des différends historiques, notamment autour du statut et du contrôle de certaines zones territoriales.

La crise remet directement en question les acquis de l’accord de Pretoria, signé en novembre 2022 entre le gouvernement éthiopien et le TPLF. Le texte avait instauré une cessation permanente des hostilités et prévu notamment le désarmement, la démobilisation et la réintégration des forces tigréennes, ainsi que le retour des personnes déplacées. Plusieurs questions territoriales et politiques sont toutefois demeurées sans règlement définitif.

La dimension régionale constitue un autre élément de préoccupation. Les autorités éthiopiennes ont accusé l’Érythrée de soutenir des groupes armés, ce que cette dernière dément. Ces accusations doivent donc être distinguées des faits indépendamment établis. La guerre au Soudan et les relations tendues entre Addis-Abeba et Asmara ajoutent par ailleurs des facteurs de complexité à la situation dans la Corne de l’Afrique.

La reprise des combats intervient ainsi dans un environnement où les mécanismes issus de Pretoria demeurent fragiles et où plusieurs différends n’ont pas été définitivement réglés. L’évolution de la situation dépendra notamment de l’ampleur des opérations militaires, de la capacité des parties à maintenir les canaux de dialogue et de la réaction des acteurs régionaux et internationaux. L’Union africaine et l’IGAD ont appelé à la cessation des hostilités et à la reprise du dialogue.

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