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Cameroun : le parti au pouvoir défend Paul Biya face aux interrogations sur son absence prolongée du territoire

photo d'illustration

L’absence prolongée du président camerounais Paul Biya, hors du territoire national depuis environ quarante-cinq jours selon plusieurs médias, continue d’alimenter les interrogations au sein de l’opinion publique. Face à la multiplication des commentaires et spéculations, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, est sorti de son silence pour assurer sans langue de bois, que les institutions fonctionnent normalement. Une communication qui, loin de clore le débat, semble avoir ravivé les discussions sur la gouvernance et la transparence au sommet de l’État.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), formation politique au pouvoir au Cameroun, a officiellement réagi à la polémique entourant l’absence prolongée du président Paul Biya. Dans une déclaration rendue publique le 21 juillet, Jacques Fame Ndongo, ministre d’État et secrétaire national à la communication du parti présidentiel, a affirmé qu’« il n’y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l’État », rejetant ainsi les interrogations suscitées par l’éloignement du chef de l’État du territoire camerounais depuis environ quarante-cinq jours.

Cette prise de parole intervient alors que les débats se sont intensifiés sur les réseaux sociaux, dans plusieurs médias et au sein de certains cercles politiques. Si le RDPC insiste sur la continuité de l’État et le fonctionnement normal des institutions, cette communication n’a pas suffi à mettre un terme aux interrogations. Au contraire, elle a relancé les échanges autour de la présence effective du président et des mécanismes de gouvernance lorsque le chef de l’exécutif est durablement absent du pays.

Paul Biya, âgé de 93 ans, dirige le Cameroun depuis le 6 novembre 1982, soit près de quarante-quatre années à la tête de l’État. Il figure parmi les chefs d’État en exercice les plus anciens au monde. Au fil des années, ses séjours prolongés à l’étranger, notamment en Europe, ont régulièrement alimenté les débats sur la communication présidentielle et la visibilité du pouvoir exécutif. Toutefois, aucune disposition de la Constitution camerounaise n’impose au président de résider en permanence sur le territoire national, dès lors qu’il continue d’exercer ses prérogatives institutionnelles.

Le débat actuel dépasse ainsi la seule question de l’absence physique du chef de l’État. Il met en lumière les attentes croissantes d’une partie de la population en matière de transparence institutionnelle, d’information officielle et de communication gouvernementale. Dans un contexte marqué par la généralisation des réseaux sociaux et la circulation rapide de l’information, les périodes de silence institutionnel favorisent souvent l’émergence de rumeurs, de spéculations ou d’interprétations contradictoires.

Sur le plan politique, cette controverse intervient à un moment où le Cameroun demeure confronté à plusieurs défis majeurs, notamment les questions sécuritaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la lutte contre les groupes armés dans l’Extrême-Nord, ainsi que les enjeux économiques liés à la croissance et à l’emploi. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le pays a enregistré une croissance économique d’environ 3,5 % en 2024, un rythme jugé insuffisant pour répondre aux besoins d’une population estimée à plus de 29 millions d’habitants.

Au-delà de la polémique immédiate, la déclaration du RDPC illustre l’importance stratégique de la communication politique dans un contexte où chaque période d’absence du chef de l’État devient un sujet d’intérêt national et international. Si les autorités assurent qu’il n’existe aucune vacance du pouvoir, la persistance des interrogations montre que la confiance du public repose également sur une information régulière, vérifiable et suffisamment détaillée. Dans un environnement médiatique de plus en plus instantané, la gestion de la communication institutionnelle apparaît désormais comme un élément essentiel de la stabilité politique et de la crédibilité des institutions.

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