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Zambie: l’élection du 13 août place le cuivre au cœur des débats économiques

photo d'illustration

La Zambie aborde le scrutin du 13 août avec un enjeu qui dépasse l’alternance politique : la capacité de son économie à accélérer sa transformation autour du cuivre. Alors que le pays vise une production de trois millions de tonnes par an d’ici 2031, le secteur minier attend des garanties sur l’investissement, l’énergie et la transformation locale. Le résultat électoral pèsera donc sur les orientations économiques des prochaines années.

La Commission électorale de Zambie confirme que les élections présidentielle, législatives et locales se tiendront le 13 août 2026. Quelque 8,79 millions d’électeurs sont enregistrés et le scrutin intervient dans un contexte où l’économie cherche à consolider la reprise après plusieurs années de contraintes budgétaires, énergétiques et climatiques. Le cuivre occupe une place déterminante dans cette équation. Selon la Banque mondiale, il représente environ 15 % du PIB et plus de 70 % des recettes d’exportation, tandis que le secteur minier fournit environ 44 % des recettes publiques.

L’écart entre la production actuelle et l’ambition annoncée mesure l’ampleur du défi. La production de cuivre a atteint environ 890 000 tonnes en 2025, contre 826 000 tonnes en 2024, soit une progression de 7,8 %. Le gouvernement vise néanmoins trois millions de tonnes annuelles en 2031. Atteindre cet objectif suppose une hausse très importante des capacités minières, mais aussi des investissements dans l’exploration, les infrastructures et l’électricité.

C’est précisément sur ces conditions que les entreprises minières concentrent leurs demandes à l’approche du scrutin. Elles souhaitent notamment davantage de visibilité réglementaire, une accélération des permis d’exploration, le développement de la transformation locale et une augmentation des capacités électriques. Reuters rapporte que l’industrie estime à environ 2 000 mégawatts les capacités supplémentaires nécessaires pour accompagner l’expansion projetée. La question énergétique est particulièrement sensible pour un pays dont le système électrique reste fortement dépendant de l’hydroélectricité et qui a subi les effets des épisodes de sécheresse.

Pour les investisseurs, l’enjeu ne se limite toutefois pas au volume de cuivre extrait. Le Fonds monétaire international estime la croissance réelle de la Zambie à 5,8 % en 2026 et indique que les discussions sur un nouveau programme soutenu par le FMI doivent reprendre avec le gouvernement issu des élections. La trajectoire budgétaire, la dette, la stabilité réglementaire et la capacité à convertir les investissements miniers en emplois et en valeur ajoutée locale figurent ainsi parmi les paramètres économiques du prochain mandat.

Le scrutin du 13 août apparaît dès lors comme un moment de décision sur le modèle de croissance zambien. Le cuivre offre une opportunité considérable, mais les données disponibles montrent également les contraintes qui l’accompagnent. La prochaine équipe dirigeante devra arbitrer entre accélération de la production, sécurisation de l’énergie, attractivité des capitaux et accroissement de la valeur créée localement. C’est sur la capacité à articuler ces priorités que se mesurera, au-delà du résultat électoral, la portée économique du prochain cycle politique.

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