
La Zambie entre dans une nouvelle séquence politique après la publication, mardi 18 août, des résultats officiels de l’élection présidentielle du 13 août. La Commission électorale de Zambie a proclamé Hakainde Hichilema vainqueur et lui ouvre un second mandat, alors que le scrutin a été marqué par des incidents de sécurité et des contestations de l’opposition.
Selon les résultats annoncés par la Commission électorale, Hichilema obtient environ 61,4 % des suffrages, soit près de trois millions de voix, contre environ 38 % pour son principal adversaire, Brian Mundubile. Le président sortant franchit ainsi le seuil de 50 % requis pour être élu dès le premier tour. Reuters rapporte également une avance d’environ 60 % contre 38 % dans les résultats définitifs communiqués par la commission. Ces chiffres mettent fin à la période d’incertitude sur l’issue institutionnelle du scrutin.
La proclamation intervient après plusieurs jours de dépouillement perturbés. La Commission électorale avait suspendu temporairement les opérations après des attaques contre des agents électoraux et le vol de bulletins, avant d’annoncer la reprise du comptage une fois la menace sécuritaire contenue. Associated Press indique qu’un responsable électoral a été tué et que neuf suspects ont été arrêtés à la suite de certains incidents.
Parallèlement, le climat politique s’est tendu autour de la principale formation d’opposition. Les autorités zambiennes ont confirmé l’arrestation de plusieurs responsables dans la nuit du scrutin, invoquant des menaces contre la sécurité de l’État. Selon Reuters, onze personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une opération au cours de laquelle les autorités affirment avoir découvert des armes de qualité militaire et évoquent un projet d’insurrection. Des responsables de l’opposition contestent cette version et ont dénoncé des actes qu’ils considèrent comme une pression politique. Le gouvernement rejette ces accusations.
Brian Mundubile avait également mis en cause la régularité du processus, après notamment une opération policière autour de son domicile. Les autorités ont fourni une autre version des faits, affirmant que des tirs avaient visé les forces de sécurité. Ces accusations et contre-accusations devront être distinguées du résultat électoral désormais proclamé par l’organe compétent.
Au-delà de la victoire de Hichilema, le scrutin révèle donc deux réalités simultanées : une réélection nette sur le plan arithmétique et un processus électoral dont certains épisodes restent contestés. Le président devra désormais transformer ce nouveau mandat en résultats économiques et sociaux alors que le pays poursuit sa sortie de la crise de la dette, cherche à attirer les investissements et mise fortement sur le cuivre. Reuters souligne notamment l’objectif de porter la production annuelle de cuivre à trois millions de tonnes.
La prochaine étape sera politique autant qu’institutionnelle : préserver la confiance dans les mécanismes électoraux, traiter les contestations conformément au droit et maintenir un climat permettant une alternance démocratique future. Pour la Zambie, la question n’est donc plus de savoir qui a remporté le scrutin, mais comment les institutions et les forces politiques géreront les tensions qui l’ont accompagné.








