Home AFRIQUE Tchad : EISA organise un forum citoyen pour booster la gouvernance à N’Djamena

Tchad : EISA organise un forum citoyen pour booster la gouvernance à N’Djamena

photo d'illustration


Dans le cadre du projet ACTE (Appui aux Acteurs Citoyens Tchadiens et aux Elections) qui vise à renforcer les capacités des élus locaux, à éduquer les populations et en les sensibilisant notamment sur leurs droits et devoirs en vue d’une participation citoyenne efficace dans la gestion des affaires de la cité, EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique) avec l’appui financier de l’Union européenne a planifié plusieurs activités sur l’ensemble du territoire du Tchad.

Ces activités sont concentrées à travers forum, focus groupe, atelier et aussi séminaire au cours desquels des échanges, des discussions, des débats ont permis et permettent de favoriser une véritable harmonie et d’accentuer des liens de collaboration entre les élus locaux et les administrés.

Le 9 août 2025, c’est la commune du 2e arrondissement de N’Djamena, à l’instar des autres localités auparavant, qui a servi de cadre à un forum citoyen sur le thème « Attributions et fonctionnement des conseils provinciaux et communaux ». Diverses composantes de la commune ont pris part à cette rencontre citoyenne afin de plancher sur l’avenir de leur circonscription territoriale. Ce sont : l’adjointe au maire, plusieurs conseillers municipaux, des responsables des partis politiques, des responsables des organisations de la société civile, des enseignants, les chefs de carré, les chefs de quartier et de nombreuses autres personnes vivant dans la commune.

La démocratie ne se résume pas seulement au vote

A l’ouverture des travaux, la chargée de programmes de EISA, Grâce Isselé a d’abord situé l’enjeu du forum, à savoir « permettre aux citoyens, aux élus locaux et aux structures communautaires de mieux comprendre les textes qui régissent la vie des collectivités », car l’un des piliers de la démocratie locale, c’est « la participation citoyenne ». Poursuivant ses propos, elle a « encouragé tous les participants à prendre part activement aux échanges », consciente du fait que la démocratie ne se résume pas seulement au vote ; puisqu’elle s’incarne aussi dans la capacité des citoyens à suivre l’action publique, à interpeller leurs représentants, à formuler des propositions et à participer activement à la prise des décisions qui les concernent.

Barkai Youssouf, le secrétaire général de la commune a été le premier panéliste en animant le thème sur « Les rôles et attributions du Conseil provincial ». Le Tchad, va –t-il commencer, compte 23 provinces, appelées autrefois régions. Selon la loi 014/CNT/2024 portant statuts des collectivités autonomes, « le Conseil provincial est le cœur des décisions locales au niveau de la province. Il est constitué d’élus de chaque département de la province et il joue un rôle clé dans la gestion des affaires provinciales ». Ses membres sont élus au suffrage direct pour un mandat de 6 ans renouvelable une seule fois. Le Conseil provincial se réunit en session ordinaire et en session extraordinaire. Ses principales responsabilités sont : vote du budget ; planification des projets, gestion des ressources et défense des intérêts de la province.

 En ce qui concerne le thème sur « Les rôles et les attributions du Conseil communal », il est revenu au conseiller communal Tchari Moussa d’éclairer les lanternes de l’assistance. Alors, composé de 18 membres, le Conseil communal est élu pour un mandat de 6 ans, et est dirigé par un maire. Il veille à la planification du développement de la commune ; à la création et gestion d’infrastructures (écoles, santé, routes, marchés…) ; à la gestion du domaine communal (eau, forêts, terres, pollution…) ; à la fixation des taxes et budget communal et à la coopération avec d’autres communes. Le Conseil communal se réunit en session ordinaire deux fois par an et en session extraordinaire chaque fois qu’il estime à la majorité des 2/3 des conseillers.

Les deux Conseils sont, ont souligné les panélistes, des acteurs clés de la décentralisation initiée par le Tchad. La nécessité de renforcer leurs capacités par l’Etat ou par des institutions internationales, en vue d’une meilleure performance s’impose, ont rappelé ces derniers. Comment les administrés comptent apporter leurs contributions aux activités de la commune ? Fatimé Zakaria Kadre, habitante de la commune et directrice d’école estime pour sa part avoir bénéficié au cours de la journée d’une formation enrichissante en s’imprégnant des différents rôles et responsabilités des élus locaux de la commune. Elle a promis de mettre à profit tous ces acquis et de transmettre ce qu’elle a appris à son entourage.

La collaboration va continuer entre EISA et les communes

Au cours des échanges, les panélistes sont revenus sur des aspects techniques et opérationnels de l’application des textes en vigueur ; surtout que ces textes ont une compréhension divergente de part d’autre. La province et la mairie étant toujours à couteaux tirés sur leur interprétation.

Plusieurs recommandations, adressées à EISA, à l’Etat du Tchad et aux organisations de la société civile de la commune ont été émise ; parmi lesquelles le renforcement des capacités des élus locaux ; la délimitation et surtout le respect des compétences entre la province et la commune ; l’organisation d’une journée de réflexion pour renforcer les capacités des élus sur les commissions spécialisées ; assurer le suivi-évaluation ou encore intensifier la sensibilisation pour une gouvernance durable. Tout compte fait, EISA a promis que la collaboration entre l’institution et les communes, va continuer.


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