
Ce mardi 20 janvier, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi doit rencontrer son homologue américain Donald Trump en marge du Forum économique mondial de Davos. Une entrevue attendue, la première depuis l’annonce par Washington de la deuxième phase de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza, et qui s’inscrit dans un contexte régional particulièrement sensible.
Selon un communiqué de la présidence égyptienne publié mardi, Abdel Fattah al-Sisi s’entretiendra avec Donald Trump en marge du Forum économique mondial de Davos, rendez-vous annuel des élites politiques et économiques internationales. Cette rencontre marque un moment diplomatique important, alors que les États-Unis viennent d’annoncer le lancement de la deuxième phase de leur plan visant à mettre fin au conflit à Gaza.
Il s’agira du premier échange direct entre les deux dirigeants depuis cette annonce américaine, qui ambitionne de consolider le cessez-le-feu, d’élargir l’accès humanitaire et de poser les bases d’un règlement politique durable entre Israéliens et Palestiniens. L’Égypte, acteur central de la médiation régionale, joue depuis le début de la crise un rôle clé dans les négociations indirectes, l’acheminement de l’aide et la gestion du passage de Rafah.
Sissi et Trump se sont déjà rencontrés en octobre dernier à Charm el-Cheikh, lors d’un sommet convoqué par l’Égypte pour entériner un accord de cessez-le-feu. Cette rencontre avait permis de relancer une coordination étroite entre Le Caire et Washington sur les dossiers sécuritaires et humanitaires, dans une région marquée par une instabilité persistante.
Au-delà de Gaza, l’entretien de Davos devrait également porter sur d’autres dossiers stratégiques. Vendredi, Donald Trump a déclaré être prêt à relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du Grand barrage de la Renaissance, projet hydraulique majeur sur le Nil Bleu. Le Caire et Khartoum considèrent cet ouvrage comme une menace directe pour leurs ressources en eau, vitales pour leur sécurité alimentaire et leur stabilité économique.
Pour l’Égypte, la question du barrage demeure l’un des principaux enjeux de politique étrangère. Malgré des années de négociations tripartites, aucun accord juridiquement contraignant n’a encore été trouvé sur les modalités de remplissage et d’exploitation de l’infrastructure. Une implication accrue des États-Unis pourrait redonner un nouvel élan à un processus diplomatique enlisée.
La rencontre prévue à Davos entre Sissi et Trump s’annonce ainsi comme un moment charnière, à la croisée des crises moyen-orientales et des rivalités hydropolitiques africaines. Entre gestion de l’après-Gaza et recherche d’équilibres durables autour du Nil, les deux dirigeants devront concilier impératifs sécuritaires, diplomatie régionale et intérêts stratégiques, dans un contexte international toujours plus fragmenté.










