Accueil AFRIQUE Soudan : les États-Unis refusent le visa d’Abdel Fattah al-Burhan pour l’ONU

Soudan : les États-Unis refusent le visa d’Abdel Fattah al-Burhan pour l’ONU

photo d'illustration

Le chef de l’armée soudanaise et dirigeant de facto du pays, Abdel Fattah al-Burhan, n’a pas obtenu, à ce stade, le visa américain nécessaire à son déplacement à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies. Selon des sources diplomatiques citées par Reuters, Washington aurait lié la délivrance du document à l’acceptation d’une proposition de cessez-le-feu de 90 jours. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa préoccupation face à cette situation.

La décision intervient alors que le conflit soudanais, déclenché le 15 avril 2023 par les affrontements entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), entre dans sa quatrième année. Les deux camps continuent de se disputer le contrôle du pays, tandis que les initiatives diplomatiques destinées à obtenir une cessation durable des hostilités restent sans règlement définitif. L’ONU estime qu’en 2026, près de 34 millions de personnes au Soudan ont besoin d’une aide humanitaire, soit l’une des crises humanitaires les plus importantes au monde.

D’après des sources soudanaises et diplomatiques rapportées par Reuters, la délivrance du visa américain serait liée à la position d’al-Burhan sur une proposition de trêve de 90 jours soutenue par Washington. Le projet aurait été présenté dans le cadre des efforts visant à obtenir une interruption des combats et à ouvrir la voie à une démarche politique. L’armée soudanaise avait toutefois exprimé des réserves à l’égard de cette proposition. Reuters précise que le lien entre le visa et le cessez-le-feu repose sur des sources diplomatiques, tandis que Washington n’a pas publiquement détaillé les conditions qui entoureraient la délivrance du document.

L’absence de visa a également suscité une réaction au siège des Nations unies. Le Secrétaire général António Guterres s’est déclaré préoccupé et le Secrétariat de l’ONU a indiqué être en contact avec les autorités américaines au sujet de la situation. Al-Burhan avait déjà pris la parole devant l’Assemblée générale depuis le début de la guerre, notamment à deux reprises, selon l’AFP.

Sur le terrain, les conséquences du conflit restent considérables. L’Organisation internationale pour les migrations estimait en avril 2026 à près de neuf millions le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays. L’ONU indiquait également que plus de 4,5 millions de Soudanais avaient fui vers les pays voisins. La crise affecte notamment l’accès aux soins, à l’alimentation et aux services essentiels.

La question du visa se retrouve ainsi au croisement de deux enjeux : l’accès d’un responsable soudanais à l’Assemblée générale et les efforts diplomatiques visant à obtenir une suspension des combats. Pour l’heure, les informations disponibles établissent l’existence d’un différend diplomatique autour du déplacement d’al-Burhan, sans indiquer qu’un accord définitif ait été conclu sur le cessez-le-feu de 90 jours.

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