
Au moins cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à la suite de bombardements visant des lieux de culte chrétiens dans la capitale soudanaise, selon des sources locales et des témoignages recueillis sur place. Les attaques armées, attribuées aux Forces de soutien rapide (RSF), surviennent dans un contexte tendu de guerre civile persistante opposant les paramilitaires à l’armée régulière.
D’après des habitants du quartier de Bahri et du sud de Khartoum, deux églises ont été touchées par des tirs d’artillerie dans la matinée de lundi. La première, une église copte orthodoxe datant du début du XXe siècle, aurait été frappée alors que des fidèles s’y trouvaient pour une prière communautaire. Quatre civils, dont un enfant, ont été tués sur le coup. La seconde église, d’obédience évangélique, a subi quant à elle, des dégâts matériels importants et a causé la mort d’un veilleur de nuit.
Les Forces de soutien rapide n’ont pas immédiatement réagi aux accusations, mais les habitants et plusieurs ONG dénoncent une intensification des attaques ciblant les zones civiles, y compris les lieux religieux, depuis le début du mois. « C’est une violation flagrante du droit humanitaire international », a déclaré un représentant de l’organisation Churches for Peace in Sudan, appelant à la protection immédiate des populations civiles et du patrimoine religieux.
L’armée soudanaise, quant à elle, a condamné les frappes et promis une riposte “décisive” contre ce qu’elle qualifie de “terrorisme aveugle des milices RSF”. L’état-major a également accusé les paramilitaires d’utiliser des zones densément peuplées pour lancer leurs attaques, mettant ainsi les civils en danger.
La guerre au Soudan, déclenchée en avril 2023, a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Si les combats se concentraient à l’origine autour de la capitale et du Darfour, ils ont progressivement gagné l’ensemble du territoire, aggravant la crise humanitaire.
Des médiations régionales, menées par l’Union africaine et soutenues par l’ONU, tentent depuis plusieurs mois de ramener les belligérants à la table des négociations, sans succès jusqu’à présent. Les bombardements des églises risquent d’aggraver les tensions confessionnelles dans un pays déjà fragilisé par des décennies de conflits internes et de divisions communautaires.
Les chrétiens du Soudan, qui représentent une minorité religieuse, vivent depuis des années dans un climat d’instabilité et de discrimination. Les récents événements ont ravivé les craintes d’un ciblage délibéré, bien que les RSF aient nié toute campagne contre des groupes religieux.
Sur le terrain, la population, épuisée par des mois de guerre, continue de fuir les zones de combat. Plusieurs familles chrétiennes ont trouvé refuge dans des écoles, des mosquées et des hôpitaux encore fonctionnels, transformés en abris de fortune.
La communauté internationale a été largement silencieuse face à ces attaques. Des appels à une enquête indépendante se multiplient, notamment de la part de groupes de défense des droits de l’homme, qui dénoncent l’impunité persistante dans le conflit soudanais.









