
Réunis depuis samedi à Addis-Abeba, les chefs d’État et de gouvernement africains participent au 39e sommet de l’Union africaine dans un contexte de crises multiples. Le président en exercice de l’organisation, l’angolais João Lourenço a mis en garde contre une dégradation rapide de la paix sur le continent. Autre temps fort, le passage de relais de la présidence tournante de l’Angola au Burundi, alors que les conflits armés et l’insécurité dominent l’agenda.
Le 39e sommet de l’Union africaine s’est ouvert samedi à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine. Cette rencontre annuelle de haut niveau rassemble les dirigeants des 55 États membres pour examiner les défis politiques, sécuritaires et socio-économiques du continent. Selon un communiqué officiel de la Commission de l’UA, les travaux doivent s’achever ce dimanche, au terme de deux jours de discussions.
Dès l’ouverture, le président en exercice de l’Union africaine a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de la paix en Afrique. Dans une déclaration publique relayée par les services de communication de l’UA, il a estimé que « la multiplication et l’enlisement des conflits armés menacent directement la stabilité du continent ». Cette mise en garde intervient alors que plusieurs foyers de crise restent actifs ou se sont récemment aggravés.
Sur le plan institutionnel, le sommet marque également la transition de la présidence tournante de l’organisation. L’Angola a officiellement passé le relais au Burundi. Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, prend ainsi la tête de l’UA pour un mandat d’un an. Cette responsabilité s’accompagne d’un rôle stratégique supplémentaire : il a été désigné envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahel, une information confirmée par une décision adoptée par les chefs d’État, selon des sources institutionnelles.
Cette nomination intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé. Les discussions du sommet sont dominées par les violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo, la guerre civile au Soudan, la reprise des affrontements au Soudan du Sud, ainsi que la menace terroriste qui frappe plusieurs États, notamment dans la région du Sahel. Ces éléments figurent dans les documents de travail transmis aux délégations, sans que des solutions immédiates ne soient annoncées à ce stade.
Parallèlement aux questions sécuritaires, l’UA a inscrit à l’ordre du jour un thème de long terme : l’accès durable à l’eau et à l’assainissement. Selon la Commission de l’Union africaine, ce défi est présenté comme un levier central pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063, le cadre stratégique de développement du continent. Des organisations de la société civile africaines, citées par des médias panafricains reconnus, soulignent toutefois l’écart persistant entre les engagements politiques et les réalités locales, notamment en zones rurales et périurbaines.
Des analystes africains en relations internationales rappellent que l’UA fait face à des contraintes structurelles, notamment financières et opérationnelles, qui limitent sa capacité d’intervention directe dans les conflits. À l’inverse, des responsables institutionnels estiment que la coordination diplomatique et la médiation restent des outils essentiels, malgré leurs résultats inégaux.
Le sommet se poursuit jusqu’à ce dimanche. À l’issue des travaux, des résolutions et déclarations finales sont attendues, sans que leur portée concrète sur le terrain ne puisse encore être évaluée.









