
Les forces fédérales somaliennes ont annoncé avoir repris le contrôle de Baidoa après des combats avec des éléments armés loyaux à l’ancien dirigeant du Sud-Ouest, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen. Les affrontements, qui ont fait des victimes civiles et militaires selon des témoins, interviennent dans une crise politique persistante entre Mogadiscio et les autorités régionales. La bataille autour de Baidoa ajoute ainsi une dimension sécuritaire à un différend déjà lié au pouvoir et aux élections.
Selon le ministère fédéral de la Défense, les forces opposées ont lancé une attaque à l’aide de véhicules chargés d’explosifs et environ 30 combattants auraient été tués. Reuters rapporte que des témoins ont confirmé la reprise de la ville par les forces fédérales et fait état de plusieurs victimes, sans fournir de bilan indépendant permettant de confirmer le chiffre annoncé par le ministère. L’ampleur exacte des pertes civiles et militaires reste donc à établir.
Baidoa, capitale administrative de l’État du Sud-Ouest, occupe une position importante dans le dispositif politique et sécuritaire somalien. La ville avait déjà été reprise par l’armée fédérale à la fin mars, après la rupture entre Mogadiscio et l’administration de Laftagareen. Cette crise avait conduit au départ de ce dernier et à l’installation d’une nouvelle autorité régionale soutenue par le gouvernement fédéral. Des affrontements et incursions avaient cependant continué autour de la ville au cours des mois suivants.
Le différend ne porte pas uniquement sur le contrôle territorial. Il s’inscrit dans une confrontation plus large sur les rapports entre le pouvoir central et les États fédérés, ainsi que sur l’organisation des scrutins. Les autorités fédérales défendent une évolution du système électoral vers le principe « une personne, une voix », tandis que plusieurs responsables régionaux et acteurs de l’opposition contestent la méthode et le degré d’implication de Mogadiscio. L’Agence de l’Union européenne pour l’asile relève que les tensions entre le gouvernement fédéral et les États membres fédérés ont continué de peser sur la stabilité politique du pays.
À cette crise institutionnelle s’ajoute la situation humanitaire. Au 30 juin 2026, l’UNHCR estimait à 3,3 millions le nombre de personnes déplacées internes en Somalie, dont environ 592 000 dans la région de Bay. L’organisation avait également recensé plus de 50 000 déplacements liés à l’escalade politique à Baidoa en avril. Ces chiffres montrent les conséquences possibles d’une nouvelle dégradation sécuritaire dans une zone déjà fortement sollicitée par les besoins humanitaires.
La reprise de Baidoa ne règle donc pas, à elle seule, le différend qui oppose Mogadiscio aux forces liées à Laftagareen. Elle rétablit provisoirement le contrôle fédéral sur un centre stratégique, mais laisse ouvertes les questions de gouvernance, de représentation politique et de sécurité. Pour les autorités somaliennes, l’enjeu immédiat consiste désormais à maintenir l’accès humanitaire et la sécurité de la population, tout en évitant que la rivalité institutionnelle ne prolonge les affrontements et ne détourne davantage les ressources de la lutte contre Al-Shabaab.








