
La crise politique sénégalaise connaît une nouvelle montée de tension après des déclarations controversées du journaliste sénégalais Diagne Madiambal. Ce dernier affirme, péremptoire, que l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko préparerait une prise de pouvoir institutionnelle à travers l’Assemblée nationale. Ces accusations interviennent quelques jours après la révocation de Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye et la dissolution du gouvernement sénégalais.
Le climat politique reste particulièrement tendu au Sénégal depuis la décision prise le 23 mai par le président Bassirou Diomaye Faye de démettre Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre. Dans la foulée, le chef de l’État a également procédé à la dissolution du gouvernement, ouvrant une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle dans le pays.
Quelques jours après cette décision, le journaliste Diagne Madiambal a publié une déclaration alarmante sur les réseaux sociaux et dans plusieurs interventions médiatiques. Selon lui, Ousmane Sonko préparerait un scénario politique visant à accéder à la présidence de la République par intérim après une éventuelle mise en accusation du président Bassirou Diomaye Faye pour « haute trahison ».

D’après le scénario avancé par le journaliste, Sonko serait d’abord porté à la tête de l’Assemblée nationale lors de la séance plénière convoquée ce 26 mai 2026. Une fois installé au perchoir, il engagerait une procédure parlementaire contre le chef de l’État avant de se proclamer président par intérim conformément aux mécanismes constitutionnels évoqués par certains analystes.
La session parlementaire prévue ce 26 mai concentre désormais toutes les attentions. Les députés doivent notamment examiner la réintégration d’Ousmane Sonko dans l’hémicycle ainsi que l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale après la démission inattendue d’El Malick Ndiaye.
Plusieurs sources politiques sénégalaises évoquent la possibilité de voir Ousmane Sonko accéder au perchoir grâce au poids de sa coalition parlementaire. Lors des dernières législatives, la mouvance présidentielle disposait d’une majorité confortable à l’Assemblée, un élément qui alimente les spéculations autour des recompositions institutionnelles en cours.
Cependant, aucune preuve officielle n’est venue confirmer les accusations formulées par Diagne Madiambal. À ce stade, les autorités sénégalaises n’ont pas réagi publiquement à ces déclarations, tandis que les proches d’Ousmane Sonko dénoncent régulièrement ce qu’ils considèrent comme des campagnes de désinformation visant leur leader.
Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte où le Sénégal tente de préserver son image de démocratie relativement stable en Afrique de l’Ouest. Le pays, souvent cité comme modèle institutionnel dans la région, a pourtant connu ces dernières années plusieurs épisodes de tensions politiques, de manifestations et de confrontations entre pouvoir et opposition.
Pour de nombreux observateurs, l’évolution de la situation dépendra largement des décisions qui seront prises à l’Assemblée nationale dans les prochains jours. Les partenaires internationaux du Sénégal, notamment les organisations régionales et diplomatiques, suivent avec attention cette séquence politique susceptible d’avoir des répercussions sur la stabilité du pays et la confiance des investisseurs.
Entre accusations de manœuvres institutionnelles, recomposition politique et tensions au sommet de l’État, le Sénégal traverse une période particulièrement sensible. Si les déclarations de Diagne Madiambal alimentent le débat public, aucun élément concret ne permet pour l’heure de confirmer l’existence d’un projet de prise de pouvoir orchestré par Ousmane Sonko. La séance parlementaire du 26 mai pourrait néanmoins constituer un tournant majeur dans l’évolution de la crise politique sénégalaise.












