
L’Assemblée nationale sénégalaise a convoqué une séance plénière pour le 26 mai, avec à l’ordre du jour la réintégration du député Ousmane Sonko et l’élection d’un nouveau président du Parlement après la démission d’El Malick Ndiaye. Cette évolution intervient dans un contexte de fortes tensions institutionnelles marqué par la dissolution du gouvernement et le départ de l’ancien Premier ministre de ses fonctions exécutives.
À Dakar, les tractations se multiplient au sein de la majorité parlementaire et du parti Pastef, alors que plusieurs observateurs voient dans cette séquence un possible repositionnement stratégique d’Ousmane Sonko au sommet de l’appareil législatif sénégalais.
Le climat politique sénégalais demeure particulièrement agité depuis l’annonce du limogeage d’Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye, suivie de la dissolution du gouvernement. Soixante-douze heures seulement après cette décision, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a présenté sa démission du perchoir.

Cette démission, largement commentée dans les cercles politiques sénégalais, ouvre une période d’incertitude institutionnelle mais également de recomposition au sein de la majorité issue du parti Pastef. Figure influente du mouvement et proche collaborateur d’Ousmane Sonko, El Malick Ndiaye avait auparavant convoqué une réunion d’urgence du Bureau de l’Assemblée nationale.
L’annonce de son départ donne désormais une portée politique beaucoup plus large à cette initiative parlementaire. Plusieurs sources politiques évoquent une stratégie visant à faciliter le retour institutionnel de l’ex-Premier ministre dans les plus hautes sphères de l’État.
La séance plénière du 26 mai devrait examiner la réintégration d’Ousmane Sonko comme député. Cette perspective relance les spéculations autour de son avenir politique immédiat.
Selon plusieurs indiscrétions relayées dans les milieux politiques dakarois, certains cadres de Pastef souhaiteraient voir Ousmane Sonko accéder à la présidence de l’Assemblée nationale, un poste stratégique dans l’architecture institutionnelle sénégalaise. Une telle évolution lui permettrait de conserver une influence politique majeure malgré son départ du gouvernement.
Avec 165 députés au sein de l’hémicycle sénégalais, l’Assemblée nationale occupe une place centrale dans le fonctionnement des institutions. Le président de cette institution constitue la deuxième personnalité de l’État dans l’ordre protocolaire, derrière le chef de l’État. La bataille autour du perchoir revêt donc une importance politique considérable.
Cette crise politique intervient moins de deux ans après les profondes tensions sociopolitiques qui avaient marqué le Sénégal avant l’élection présidentielle de 2024. Depuis son arrivée au pouvoir, le tandem Diomaye Faye-Sonko s’est efforcé de maintenir la cohésion de sa majorité tout en répondant aux attentes de réformes institutionnelles et économiques.
La prochaine plénière pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans l’équilibre des pouvoirs à Dakar. Entre réorganisation de la majorité parlementaire, repositionnement stratégique des figures de Pastef et attentes d’une opinion publique attentive, le Parlement sénégalais s’apprête à redevenir le principal théâtre des enjeux politiques nationaux.
La démission d’El Malick Ndiaye et la convocation d’une séance plénière exceptionnelle traduisent l’intensité des recompositions actuellement à l’œuvre au Sénégal. Au-delà du simple renouvellement de la présidence de l’Assemblée nationale, les décisions attendues le 26 mai pourraient redessiner durablement les rapports de force institutionnels et confirmer le retour d’Ousmane Sonko au premier plan de la vie politique sénégalaise.












