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RDC : les tensions politiques persistantes autour du projet de réforme de la Constitution

photo d'illustration

En République démocratique du Congo (RDC), le débat sur l’évolution de la Constitution continue d’alimenter les tensions entre pouvoir et opposition. Le 15 septembre 2026, la coalition C64 a organisé des mobilisations dans plusieurs villes pour s’opposer à tout changement de la Loi fondamentale. À Kinshasa et dans plusieurs provinces, des rassemblements ont été dispersés par les forces de sécurité. Le gouvernement, de son côté, maintient que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect du cadre légal.

La question constitutionnelle s’est de nouveau imposée dans l’actualité politique congolaise avec les manifestations organisées par la Coalition Article 64 (C64). Cette plateforme d’opposition, qui réunit notamment plusieurs formations politiques, conteste les initiatives engagées autour d’une éventuelle modification de la Constitution et s’oppose à toute démarche susceptible, selon elle, de remettre en cause la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Le 15 septembre, des rassemblements ont été signalés à Kinshasa ainsi qu’à Lubumbashi, Kananga, Bandundu, Kisangani et dans d’autres localités. Le déroulement de ces mobilisations a toutefois varié selon les villes. À Bandundu, la marche a pu se tenir. À Kananga, elle a été dispersée à l’aide de gaz lacrymogènes. À Lubumbashi, Radio Okapi rapporte qu’une vingtaine de militants ont été arrêtés selon des sources sécuritaires. À Kisangani et Mbuji-Mayi, les rassemblements annoncés n’ont pas pu se tenir.

À Kinshasa, des manifestants ont également été dispersés par la police, avec recours aux gaz lacrymogènes et à des tirs de sommation, selon l’Associated Press. Les autorités congolaises ont, pour leur part, défendu le principe du droit de manifestation tout en rappelant que celui-ci doit être exercé conformément aux dispositions légales.

Au cœur du désaccord figurent notamment les articles 70 et 220 de la Constitution. Le premier fixe la durée du mandat présidentiel, tandis que le second encadre la limitation du nombre de mandats. La C64 affirme qu’aucune modification ne devrait permettre de contourner ces dispositions. Le camp présidentiel soutient, de son côté, la possibilité d’une évolution du texte constitutionnel dans le cadre des procédures prévues par les institutions.

Félix Tshisekedi exerce la présidence depuis 2019 et a entamé un second mandat en 2024. Celui-ci doit s’achever en 2028. Le débat actuel intervient donc à deux ans de cette échéance, alors que les discussions sur une éventuelle nouvelle architecture constitutionnelle demeurent ouvertes.

Cette controverse se déroule parallèlement à d’autres crises majeures. La RDC fait notamment face à une épidémie d’Ebola et à la persistance du conflit armé dans l’est du pays. Selon l’OMS, l’épidémie d’Ebola comptait plus de 7 000 cas confirmés à la mi-septembre, avec plusieurs milliers de décès enregistrés.

Le débat constitutionnel reste ainsi un sujet central de la vie politique congolaise. Les mobilisations de la C64, les restrictions imposées dans plusieurs villes et les positions divergentes du pouvoir et de l’opposition montrent que la question demeure sensible. Son évolution dépendra désormais des procédures institutionnelles engagées et de la capacité des différents acteurs à maintenir le débat dans le cadre légal et politique prévu par la Constitution.

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