
Les chefs d’état-major des armées des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réuniront du 24 au 27 février à Freetown, en Sierra Leone, dans un contexte régional marqué par la persistance de la menace terroriste et l’instabilité politique au Sahel et dans le golfe de Guinée.
La rencontre se tiendra sous l’égide du chef d’état-major des armées sierra-léonaises, le général Amara Idara Bangura. Elle devrait constituer une étape opérationnelle importante dans la consolidation de l’architecture de sécurité régionale, notamment à travers l’activation progressive de la Force en attente de la CEDEAO.
Selon les informations disponibles, les États membres sont appelés à annoncer formellement leurs engagements en troupes. Une mobilisation initiale de 1 650 soldats est prévue pour cette année, première phase d’un dispositif plus large destiné à répondre aux crises sécuritaires et aux menaces transfrontalières.
Créée dans le cadre du Mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits de la CEDEAO, la Force en attente vise à doter l’organisation régionale d’un outil militaire capable d’intervenir rapidement en cas de déstabilisation grave d’un État membre, de coup d’État ou d’expansion de groupes armés non étatiques. Son activation opérationnelle intervient dans un environnement stratégique profondément recomposé, marqué par le retrait ou la suspension de certains États sahéliens de l’organisation sous-régionale.
La montée en puissance des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Sahel, ainsi que l’extension progressive de leurs zones d’influence vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, accentuent la pression sur les dispositifs de défense nationaux. Dans ce contexte, la coordination militaire régionale apparaît comme un levier central pour mutualiser les capacités, partager le renseignement et renforcer la projection rapide de forces.
Au-delà des annonces de contributions en troupes, la réunion de Freetown devrait également permettre d’examiner les modalités logistiques, le commandement opérationnel et les règles d’engagement de la force. Autant d’éléments déterminants pour crédibiliser l’outil militaire régional et assurer sa réactivité face aux crises.
La séquence s’annonce donc stratégique pour la CEDEAO, qui cherche à affirmer son rôle d’acteur sécuritaire central en Afrique de l’Ouest, à l’heure où les équilibres géopolitiques et les partenariats militaires dans la région connaissent de profondes mutations.









