
La Commission européenne a actualisé sa liste de sécurité aérienne, un dispositif qui répertorie les compagnies interdites d’exploitation dans l’espace aérien de l’Union européenne en raison de manquements aux normes internationales de sécurité. La nouvelle révision confirme le maintien de nombreuses restrictions visant des transporteurs africains et marque l’ajout d’une compagnie algérienne. Au total, 89 compagnies africaines figurent désormais sur cette liste, illustrant les défis persistants du secteur aérien sur le continent.
La dernière mise à jour de la liste de sécurité aérienne de l’Union européenne met en lumière la persistance des préoccupations liées à la sûreté et à la supervision du transport aérien dans plusieurs pays africains. Publiée le 8 juin par la Commission européenne, cette révision recense désormais 126 compagnies aériennes interdites d’exploitation dans l’espace communautaire, dont 89 transporteurs africains issus de 16 pays.
La principale nouveauté concerne l’inscription d’Air Express Algeria. La compagnie algérienne fait désormais l’objet d’une interdiction totale d’opérer des vols à destination, au départ ou à l’intérieur de l’Union européenne. Cette décision s’inscrit dans le cadre du mécanisme européen d’évaluation de la conformité des transporteurs aux standards internationaux de sécurité définis notamment par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Dans plusieurs régions du continent, les restrictions demeurent inchangées. En Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique, la Tanzanie continue d’être concernée par des mesures touchant sa compagnie nationale Air Tanzania ainsi que plusieurs opérateurs domestiques. Le Soudan, Djibouti et l’Érythrée restent également soumis à des limitations généralisées.
L’Afrique centrale demeure l’une des régions les plus affectées par ces interdictions. L’ensemble des compagnies certifiées en République démocratique du Congo, en République du Congo et en Guinée équatoriale reste exclu du ciel européen. Cette situation reflète les préoccupations récurrentes des autorités européennes concernant les capacités de supervision réglementaire dans ces États.
En Afrique de l’Ouest, le Liberia et la Sierra Leone continuent de voir tous leurs transporteurs frappés d’interdiction. São Tomé-et-Príncipe figure également sur cette liste, aux côtés de la Libye, dont le secteur aérien reste confronté à des défis structurels et sécuritaires.
Instaurée en 2006, la liste européenne de sécurité aérienne constitue l’un des principaux instruments de contrôle de l’Union européenne dans le domaine du transport aérien. Les sanctions ne visent pas uniquement les compagnies aériennes elles-mêmes. Elles peuvent également résulter de faiblesses constatées dans les systèmes nationaux de surveillance de l’aviation civile, lorsque les autorités compétentes ne sont pas jugées en mesure de garantir le respect des normes internationales.
Selon les données du secteur, l’Afrique représente moins de 3 % du trafic aérien mondial, mais fait face à des défis importants en matière d’infrastructures, de formation technique et de modernisation des systèmes de contrôle. Dans ce contexte, l’amélioration des standards de sécurité demeure un enjeu stratégique pour renforcer la compétitivité des compagnies africaines et favoriser leur intégration aux grands marchés internationaux.
La nouvelle mise à jour de la Commission européenne rappelle ainsi que la conformité aux exigences internationales de sécurité reste une condition essentielle pour l’accès au marché aérien européen. Elle souligne également l’importance, pour les États africains concernés, de poursuivre les réformes visant à renforcer la gouvernance et la supervision de leurs secteurs aéronautiques.










