Accueil AFRIQUE Russie-Afrique : Moscou négocie des centrales nucléaires avec quatre pays africains

Russie-Afrique : Moscou négocie des centrales nucléaires avec quatre pays africains

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Au lendemain de son troisième sommet tenu à Moscou les 28-29 octobre, la Russie intensifie ses démarches pour développer sa coopération nucléaire avec plusieurs pays africains. Selon des informations rapportées par Reuters le 30 octobre 2026, Rosatom discute de projets de grandes centrales avec l’Ouganda, le Ghana, l’Éthiopie et l’Égypte. Ces échanges interviennent dans un contexte de recherche de nouvelles capacités électriques, mais aussi de concurrence internationale autour des infrastructures énergétiques africaines.

Les ambitions nucléaires russes en Afrique prennent une nouvelle dimension. Au lendemain du troisième sommet Russie-Afrique organisé à Moscou, le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev, a annoncé que son entreprise poursuivait des discussions avec quatre États africains en vue de développer de grandes installations nucléaires. Les pays concernés sont l’Ouganda, le Ghana, l’Éthiopie et l’Égypte. Cette annonce, rapportée par Reuters le 30 octobre, confirme la place croissante de l’énergie nucléaire dans les échanges économiques et diplomatiques entre Moscou et plusieurs gouvernements africains.

Derrière cette initiative, les situations nationales restent cependant différentes. L’Égypte dispose déjà d’un projet concret avec la centrale d’El-Dabaa, dont Rosatom assure la construction. L’installation comprend quatre réacteurs d’une puissance unitaire de 1 200 mégawatts, soit une capacité totale prévue de 4 800 mégawatts.

La possibilité de porter le nombre de réacteurs à six est également évoquée par les responsables russes. Pour l’Éthiopie, les discussions portent notamment sur les préparatifs d’un premier projet nucléaire de grande capacité et sur l’identification éventuelle d’un site. En Ouganda, une feuille de route de coopération a par ailleurs été signée entre Rosatom et les autorités compétentes afin d’examiner les infrastructures nationales et les prochaines étapes relatives à la sélection d’un emplacement. Le Ghana figure également parmi les partenaires concernés par les discussions.

Cette diversité de situations montre que l’annonce de quatre négociations ne correspond pas à quatre projets ayant atteint le même degré de maturité. Les échanges exploratoires, les études préparatoires, les accords de coopération et les contrats de construction constituent des étapes distinctes. À ce stade, les informations communiquées ne permettent donc pas de considérer ces quatre projets comme des centrales financées, contractualisées ou effectivement en chantier.

Parallèlement, Moscou développe une autre proposition : les centrales nucléaires flottantes. Selon Rosatom, neuf pays africains auraient manifesté un intérêt significatif pour cette technologie. Des discussions plus approfondies concernent l’Égypte, la Tanzanie, le Togo et la Namibie. Ces installations, conçues autour de réacteurs embarqués sur des unités flottantes, sont présentées comme une solution destinée notamment aux pays disposant d’un accès maritime. Leur déploiement nécessiterait néanmoins des infrastructures portuaires, des raccordements électriques et des dispositifs réglementaires adaptés.

L’enjeu dépasse ainsi la seule production d’électricité. Le financement, les conditions d’exploitation, l’approvisionnement en combustible, la maintenance et la gestion des déchets radioactifs détermineront la viabilité de ces projets. La formation des ingénieurs, l’existence d’autorités nationales de sûreté indépendantes et la préparation des dispositifs d’urgence constituent également des conditions incontournables.

Le contexte continental mérite attention : l’Afrique ne dispose actuellement que d’une centrale nucléaire en exploitation commerciale, celle de Koeberg, en Afrique du Sud, mise en service dans les années 1980. L’expérience égyptienne d’El-Dabaa représente donc une étape importante, mais ne suffit pas à établir que les autres pays possèdent déjà les capacités nécessaires pour engager des programmes comparables.

Au-delà des annonces diplomatiques, la question essentielle demeure celle des conditions économiques et institutionnelles de cette coopération. La technologie russe pourrait contribuer à diversifier les sources d’électricité et à soutenir l’industrialisation, à condition que les investissements répondent aux besoins réels des économies concernées. Pour les gouvernements africains, l’enjeu sera de négocier des partenariats garantissant la transparence financière, le transfert de compétences et une maîtrise durable des infrastructures. La portée de l’offensive nucléaire russe se mesurera ainsi moins au nombre de discussions annoncées qu’à la capacité des États partenaires à transformer ces intentions en projets soutenables, sûrs et économiquement avantageux.

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