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Somalie : la fin de la mission politique de l’ONU ravive les incertitudes électorales

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Le 31 octobre 2026, la Mission d’assistance transitoire des Nations unies en Somalie (UNTMIS) doit achever son mandat, au terme d’une transition de deux ans. Cette fermeture, demandée par le gouvernement fédéral en 2024, met fin à plus de trois décennies de missions politiques onusiennes dans le pays. Elle intervient alors que les autorités et l’opposition restent en désaccord sur les règles constitutionnelles et le calendrier électoral, sans mécanisme de médiation de remplacement convenu entre les parties.

La clôture de l’UNTMIS marque une nouvelle étape dans l’évolution des relations entre la Somalie et ses partenaires internationaux. Le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé cette transition par la résolution 2753, adoptée en octobre 2024, puis confirmée par la résolution 2809 de décembre 2025. Le dispositif prévoit le transfert progressif des responsabilités de la mission aux institutions somaliennes et aux organismes des Nations unies présents dans le pays. Selon l’ONU, cette démarche vise à renforcer la maîtrise nationale des politiques de consolidation de la paix et de construction de l’État.

La fin de la mission ne signifie toutefois pas le retrait complet des Nations unies. Leurs agences, fonds et programmes poursuivront leurs activités en Somalie. De même, le Bureau d’appui des Nations unies en Somalie continuera d’apporter un soutien logistique aux forces de l’Union africaine engagées dans les opérations de stabilisation, tandis que les forces africaines resteront aux côtés des forces somaliennes dans leur lutte contre Al-Shabaab.

L’incertitude concerne principalement la vie politique. Le différend porte notamment sur une réforme constitutionnelle qui fait passer de quatre à cinq ans la durée des mandats présidentiel et parlementaire. Le gouvernement du président Hassan Sheikh Mohamud estime que cette modification permet aux titulaires actuels de rester en fonction jusqu’en 2027. Les responsables de l’opposition contestent cette interprétation et considèrent que les mandats en cours ne peuvent être prolongés de cette manière.

Les discussions menées avec l’appui de la mission onusienne n’ont pas permis de résoudre ce désaccord. Selon l’Associated Press, plusieurs responsables de l’opposition ont demandé un dispositif international de médiation après la fermeture de l’UNTMIS. Le gouvernement a, de son côté, invité les dirigeants politiques à participer à des discussions électorales prévues du 14 au 18 novembre. La participation des principaux groupes d’opposition n’était toutefois pas confirmée au 29 octobre.

Pour les autorités somaliennes, la fin de la mission constitue une étape vers une responsabilité nationale accrue dans la conduite des affaires publiques. Des responsables de l’opposition et des analystes soulignent, en revanche, le risque de perdre un canal de dialogue entre les acteurs politiques. Ces positions traduisent des appréciations divergentes ; elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure que la fermeture entraînera une crise.

Au-delà de la question institutionnelle, la Somalie reste confrontée à des défis sécuritaires et humanitaires, notamment à la persistance des attaques d’Al-Shabaab et aux conséquences des épisodes de sécheresse et d’inondation. Ces difficultés rendent nécessaires la continuité de l’aide internationale et la coordination entre les institutions nationales et leurs partenaires.

La fermeture de l’UNTMIS constitue donc moins une disparition de la présence internationale qu’une réorganisation de ses modalités. Pour la Somalie, l’enjeu immédiat sera de maintenir le dialogue politique et de parvenir à un accord sur les règles électorales. La capacité des institutions fédérales, des administrations régionales et de l’opposition à s’entendre sur un cadre accepté par les différentes parties pèsera sur la suite de la transition. L’expérience somalienne pose ainsi une question plus large aux États africains : comment renforcer la souveraineté institutionnelle tout en préservant les mécanismes de concertation nécessaires à la stabilité politique ?

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