
À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la République démocratique du Congo a assuré que sa sélection nationale respectait pleinement les exigences sanitaires américaines liées à l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement le pays. Aussi, Kinshasa affirme avoir travaillé en étroite collaboration avec la Fédération internationale de football association (FIFA) et la Fédération congolaise de football association (FECOFA) afin de garantir la conformité de la délégation congolaise aux protocoles imposés par Washington.
Cette clarification intervient dans un contexte sanitaire sensible. La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé comme « très élevé » le risque de propagation nationale de la souche Bundibugyo du virus Ebola en RDC.
Selon les données communiquées par les autorités sanitaires et relayées par l’OMS, plus de 1 000 cas suspects et 246 décès suspects ont déjà été recensés dans le pays. Cette situation avait suscité des interrogations autour de la participation des Léopards à la compétition mondiale prévue du 11 juin au 19 juillet 2026.
Face à ces préoccupations, les autorités congolaises ont multiplié les échanges diplomatiques et sportifs avec les instances internationales. La FECOFA a notamment revu l’organisation logistique de la préparation de l’équipe nationale.
Le stage initialement prévu à Kinshasa a été annulé et relocalisé à l’étranger et plus précisément en Belgique afin de respecter les mesures sanitaires américaines, notamment l’obligation d’une période d’isolement de 21 jours avant toute entrée sur le territoire des États-Unis pour les personnes en provenance de zones à risque.
Dans un communiqué publié mercredi, l’ambassadrice de la RDC aux États-Unis, Yvette Kapinga Ngandu, a salué la réactivité des autorités sportives. Elle a estimé que les décisions prises par la FECOFA et la FIFA démontraient une volonté de concilier impératifs sanitaires et participation sportive internationale. Selon elle, les joueurs congolais sont « prêts et en sécurité » pour disputer la compétition.
Le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, a également affirmé que toutes les dispositions avaient été prises pour garantir l’arrivée de la délégation dans des conditions conformes aux exigences américaines. Une grande partie des joueurs évoluant dans des clubs européens, le risque d’exposition directe au virus reste limité. Quant aux membres du staff ayant séjourné récemment à Kinshasa, ils observeront une période de séjour en Europe avant leur déplacement vers les États-Unis.
Au-delà des enjeux sanitaires, les autorités congolaises ont également évoqué les difficultés rencontrées par certains supporters ayant obtenu des billets pour la Coupe du monde mais confrontés à des restrictions administratives pour l’obtention de visas américains. Des discussions seraient actuellement en cours avec la FIFA concernant d’éventuels mécanismes de remboursement.
La participation de la RDC revêt une portée symbolique importante pour le football national. Les Léopards disputeront leur première Coupe du monde depuis 52 ans. Basée à Houston pendant la compétition, la sélection congolaise entrera en lice dans le groupe K face au Portugal le 17 juin, avant d’affronter la Colombie le 23 juin à Guadalajara, puis l’Ouzbékistan le 27 juin à Atlanta.
Dans un contexte marqué par les préoccupations sanitaires mondiales, Kinshasa cherche ainsi à démontrer sa capacité à conjuguer responsabilité sanitaire, diplomatie sportive et ambition internationale.












