
La police ougandaise a annoncé jeudi l’arrestation de Muwanga Kivumbi, député et haut responsable du principal parti d’opposition, dans le cadre d’une enquête sur des violences liées aux élections ayant fait au moins sept morts. Cette interpellation intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations autour de l’élection présidentielle du 15 janvier.
Muwanga Kivumbi est vice-président de la Plateforme d’unité nationale (NUP), formation dirigée par Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, ancien chanteur devenu figure de proue de l’opposition. Selon la police, l’arrestation de M. Kivumbi est liée à « de récents incidents de violence politique ». Dans un message publié sur la plateforme X, les autorités ont précisé que le député serait « traduit en justice en temps voulu ».
Les violences en question auraient éclaté dans la nuit du 15 janvier, après la clôture du scrutin présidentiel. La police affirme que des partisans de l’opposition, qualifiés de « voyous » et armés de machettes, auraient attaqué un poste de police ainsi qu’un centre de dépouillement des votes. Les forces de sécurité soutiennent que ces individus auraient été organisés par M. Kivumbi, ce que l’intéressé conteste.
De son côté, le député a livré une version différente des faits, évoquant des affrontements provoqués par l’intervention des forces de sécurité contre des sympathisants de l’opposition. Les détails précis des incidents demeurent flous, et aucune source indépendante n’a pour l’instant confirmé les allégations de part et d’autre.
Cette arrestation survient alors que Bobi Wine est en fuite depuis la semaine dernière. L’opposant a déclaré avoir quitté son domicile quelques heures avant un raid militaire présumé contre sa résidence, peu avant que le président sortant, Yoweri Museveni, ne soit officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle. Au pouvoir depuis plus de trois décennies, M. Museveni a remporté le scrutin avec une large avance, selon les résultats officiels, des chiffres contestés par l’opposition.
La Plateforme d’unité nationale dénonce une campagne de répression ciblant ses dirigeants et ses partisans depuis l’annonce des résultats. Des organisations de défense des droits humains ont, par ailleurs, exprimé leurs préoccupations concernant l’usage excessif de la force par les autorités durant et après le processus électoral.
Dans ce climat de tensions persistantes, l’arrestation de Muwanga Kivumbi risque d’alimenter davantage les crispations politiques. Elle pose aussi la question de l’indépendance de la justice et du respect des libertés publiques en Ouganda, alors que le pays traverse une période de forte polarisation politique.










