
Une nouvelle attaque attribuée à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a visé, ce lundi 13 avril 2026 à l’aube, des positions de l’armée nigériane à Monguno, dans l’État de Borno. Un colonel en route pour des renforts a été tué dans une embuscade, avec quatre soldats. Cet incident illustre la persistance d’une insurrection capable de frapper des cibles militaires de haut rang.
Selon plusieurs sources sécuritaires concordantes, des combattants de l’ISWAP ont lancé à l’aube, une offensive coordonnée contre des positions de l’armée nigériane dans la localité stratégique de Monguno, située dans le nord-est du pays. L’attaque, intervenue dans les premières heures de la journée, aurait initialement visé une base militaire avancée, dans une zone considérée comme sensible en raison de sa proximité avec le bassin du lac Tchad.
Dans ce contexte, le colonel I.A. Muhammad, officier supérieur de l’armée nigériane, a été pris pour cible alors qu’il se dirigeait vers le théâtre des opérations afin de renforcer les troupes engagées. Son convoi a été pris dans une embuscade soigneusement préparée, entraînant sa mort ainsi que celle de quatre soldats qui l’accompagnaient.

Des éléments archivés indiquent que l’attaque pourrait avoir reposé sur une stratégie en deux temps : une première offensive destinée à attirer les renforts, suivie d’une embuscade ciblée contre ces derniers. Cette tactique, déjà observée dans la région, témoigne d’une évolution opérationnelle des groupes insurgés, notamment en matière de planification et de renseignement tactique.
Par ailleurs, certaines sources évoquent l’utilisation de moyens technologiques avancés, notamment des drones armés ou de reconnaissance, suggérant une sophistication croissante des capacités de l’ISWAP. Ce groupe, issu d’une scission de Boko Haram en 2016, est aujourd’hui considéré comme l’une des factions les plus structurées et les plus actives dans le bassin du lac Tchad.
Cette attaque intervient dans un contexte de recrudescence des violences dans l’État de Borno, épicentre de l’insurrection jihadiste depuis 2009. Quelques jours auparavant, et plus précisément le 9 avril dernier, un deuxième général de brigade nigérian avait déjà été tué lors d’une autre attaque, confirmant une tendance inquiétante : la capacité des insurgés à cibler des officiers de haut rang.
Au plan stratégique, ces pertes affectent non seulement le commandement opérationnel de l’armée nigériane, mais aussi le moral des troupes engagées dans l’opération HADIN KAI, principale campagne militaire contre les groupes armés dans la région. Malgré plus de quinze ans de conflit, l’insurrection continue de s’adapter, exploitant les failles sécuritaires et la complexité du terrain.
L’attaque de Monguno, marquée par la mort du colonel I.A. Muhammad et de quatre soldats, souligne la résilience et la montée en puissance tactique de l’ISWAP dans le nord-est du Nigéria. En dépit des efforts militaires et des coopérations régionales, le conflit demeure enlisé, posant avec acuité la question de l’efficacité des stratégies de contre-insurrection face à des groupes de plus en plus agiles et structurés.










