
Le nord-ouest du Nigeria demeure confronté à une recrudescence des enlèvements de masse attribués à des groupes criminels armés, communément appelés « bandits ». Dans l’État de Zamfara, ces attaques répétées témoignent d’une évolution des tactiques employées par ces groupes, qui ciblent désormais aussi bien les villages que les déplacements communautaires. Cette dynamique continue d’alimenter les préoccupations sur la capacité des autorités à restaurer durablement la sécurité dans cette région stratégique.
Les enlèvements de masse connaissent une nouvelle intensification dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, où des groupes criminels lourdement armés multiplient les attaques contre les populations civiles. Longtemps marquée par le vol de bétail et les affrontements entre communautés rurales, cette région est progressivement devenue l’un des principaux foyers de la criminalité organisée dans le pays. Les bandes armées y recourent désormais aux kidnappings comme principale source de financement, exigeant des rançons qui alimentent leurs capacités opérationnelles et entretiennent un climat d’insécurité chronique.
Les incidents récents illustrent cette évolution. En juin 2026, des dizaines d’habitants du district de Maradun ont été attirés à une prétendue réunion destinée à discuter d’un accord de paix avant d’être enlevés par leurs ravisseurs. Selon les autorités, 39 personnes ont été kidnappées, tandis que des sources locales évoquaient jusqu’à une cinquantaine de victimes. Les assaillants auraient ensuite réclamé une rançon de 125 millions de nairas, soit près de 92 000 dollars américains. Cette méthode, fondée sur la tromperie plutôt que sur une attaque frontale, traduit une adaptation des modes opératoires des groupes criminels présents dans la région.
Cette évolution intervient malgré plusieurs offensives militaires conduites par les forces nigérianes. En juillet 2026, l’armée a annoncé avoir neutralisé plus de 300 membres de groupes armés lors d’une vaste opération dans le district de Gummi, l’une des plus importantes menées ces dernières années contre les réseaux de banditisme. Si cette intervention constitue un succès tactique revendiqué par Abuja, elle n’a pas empêché la poursuite des enlèvements dans plusieurs collectivités rurales, où les groupes armés conservent une forte capacité de nuisance.
Au-delà de Zamfara, les enlèvements constituent désormais un défi majeur pour l’ensemble du Nigeria. D’après des données compilées par des organismes de recherche, plus de 23 000 personnes ont été kidnappées entre 2021 et le début de 2026, Zamfara enregistrant à lui seul plus de 5 600 victimes sur cette période. Un rapport cité par Human Rights Watch indique également que le nord-ouest concentre plus de 60 % des enlèvements signalés dans le pays, confirmant le poids de cette région dans la crise sécuritaire nationale.
Les établissements scolaires demeurent également exposés. Depuis l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, les attaques contre les écoles se sont multipliées dans plusieurs États du nord. Des estimations relayées par des médias internationaux indiquent qu’au moins 1 900 élèves ont été kidnappés dans une vingtaine d’établissements scolaires au Nigeria depuis cette date, soulignant la persistance d’une menace qui dépasse désormais le seul cadre du terrorisme jihadiste pour englober des réseaux criminels motivés principalement par le gain financier.
Face à cette situation, le gouvernement fédéral poursuit le renforcement des opérations militaires, du renseignement et de la coopération avec les autorités locales. Toutefois, la fréquence des enlèvements démontre que la réponse sécuritaire devra également s’accompagner d’actions durables en faveur du développement rural, du contrôle des espaces forestiers servant de refuges aux groupes armés et de la consolidation de la présence de l’État. À Zamfara, comme dans une partie du nord-ouest nigérian, l’enjeu dépasse désormais la seule lutte contre le banditisme : il concerne la restauration de la confiance des populations envers les institutions et la préservation de la stabilité intérieure du pays.











