
Plus d’un mois après les attaques coordonnées du 21 août dans le district de Borgu, dans l’État du Niger, au centre-nord du Nigeria, des centaines de personnes seraient toujours détenues par leurs ravisseurs. Des habitants estiment leur nombre à près de 700, mais ce bilan reste contesté. Les autorités nigérianes n’ont pas confirmé ce chiffre, tandis que les opérations de recherche et de secours se poursuivent.
Dans les communautés de Dekara et des localités voisines, les familles continuent de réclamer des informations sur les personnes disparues. Le 21 août, des hommes armés avaient attaqué plusieurs villages de la zone de Borgu, notamment pendant la prière musulmane du vendredi. Le nombre initialement avancé par les autorités locales était nettement inférieur aux estimations actuelles. Le président du conseil local avait évoqué environ 60 personnes enlevées, tandis que d’autres sources locales faisaient état de plusieurs dizaines de captifs.
Dans les semaines suivantes, les estimations ont cependant évolué. Le 29 août, le quotidien nigérian Punch rapportait que la police évaluait le nombre de victimes entre 155 et 164, tandis qu’une vidéo attribuée aux ravisseurs faisait état de plus de 500 personnes détenues. Ces chiffres n’ont pas été établis de manière indépendante.
Un nouveau bilan avancé par les habitants a émergé en septembre. Selon Reuters, des centaines de résidents de Dekara et des villages environnants ont manifesté le 21 septembre à New Bussa pour demander la libération de près de 700 personnes qu’ils considèrent toujours comme captives. Les manifestants ont également demandé qu’un recensement précis soit effectué afin d’établir le nombre réel de personnes disparues. Reuters précise que cette estimation n’a pas pu être vérifiée indépendamment.
Les autorités de l’État du Niger avaient ordonné dès les premiers jours une opération conjointe destinée à retrouver les personnes enlevées. La police avait également annoncé le déploiement d’un responsable de la zone 7 pour coordonner les opérations avec les autres services de sécurité. Le gouvernement de l’État a par la suite confirmé qu’il travaillait avec les agences de sécurité pour faciliter la libération des victimes.
Cette affaire illustre aussi les difficultés rencontrées par les autorités nigérianes pour établir rapidement des bilans dans les zones rurales affectées par les violences armées. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) considère depuis plusieurs années les enlèvements contre rançon comme une préoccupation majeure au Nigeria, notamment dans le nord et le centre du pays.
Plus d’un mois après les attaques de Borgu, le nombre exact de personnes encore détenues demeure donc indéterminé. Entre les chiffres communiqués par les autorités, les estimations communautaires et les déclarations attribuées aux ravisseurs, seule une vérification indépendante permettra d’établir le bilan définitif.











