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Niger : le gouvernement annonce la restitution de stocks d’uranium produits par Orano après la reprise de la mine de Somair

photo d'illustration

Le gouvernement militaire du Niger affirme être prêt à restituer près de 95 000 tonnes de concentré d’uranium issues de l’exploitation de la mine de Somair, anciennement opérée par le groupe français Orano. L’information, rapportée par Bloomberg, intervient dans un contexte de recomposition profonde du secteur minier nigérien depuis la prise de pouvoir des autorités militaires.

Selon les déclarations du chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, ce volume représente environ 63,4 % de la production totale réalisée durant la période d’exploitation par Orano. Le concentré d’uranium concerné serait prêt à être expédié, a-t-il précisé, sans toutefois détailler les modalités logistiques ni les échéances de cette restitution annoncée.

La mine de Somair, située dans le nord du Niger, est au cœur d’un différend stratégique et juridique depuis que l’État nigérien en a repris le contrôle en 2024, avant de la nationaliser officiellement en 2025. Cette décision a de facto privé Orano de toute maîtrise opérationnelle sur le site, mettant fin à plusieurs décennies de coopération minière entre Niamey et le groupe français.

Avant cette annonce, les autorités nigériennes avaient déjà procédé au retrait de stocks d’uranium, malgré une décision d’arbitrage international défavorable, suscitant des inquiétudes chez les partenaires étrangers et des interrogations sur les conditions de sécurité et de traçabilité du matériau nucléaire. Ces actions s’inscrivent dans une volonté affichée de reprise de souveraineté sur les ressources stratégiques, ligne politique assumée par les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Abdourahamane Tiani a toutefois tenu à clarifier la position de l’État : tout uranium produit après la reprise de la mine appartient exclusivement au Niger et demeurera la propriété de l’État nigérien. La restitution annoncée ne concernerait donc que les volumes produits durant la période antérieure à la nationalisation, laissant ouverte la question des compensations financières et des contentieux en cours.

Pour les observateurs, cette annonce vise à envoyer un signal d’apaisement partiel aux partenaires internationaux, tout en réaffirmant la doctrine souverainiste des autorités de Niamey. Elle intervient alors que le Niger, acteur clé de l’approvisionnement mondial en uranium, redéfinit ses alliances économiques et sécuritaires dans un environnement régional marqué par des tensions diplomatiques persistantes et des enjeux de sécurité élevés.

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