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Mali : l’armée réplique par des frappes aériennes face au blocus du carburant imposé par le JNIM

photo d'illustration

L’armée malienne a annoncé avoir mené des frappes aériennes dans la région aurifère de Kayes, en réponse à l’annonce d’un blocus du carburant imposé par des groupes armés liés à Al-Qaïda. Cette offensive militaire illustre la volonté des autorités de transition de contrer la pression croissante exercée par les jihadistes, qui cherchent à paralyser l’économie et à fragiliser la capitale, Bamako.

Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), principale coalition jihadiste du Sahel, a déclaré jeudi vouloir bloquer les importations de carburant et restreindre les déplacements des habitants dans les zones de Kayes et Nioro, proches des frontières sénégalaise et mauritanienne. Dans la foulée, plusieurs camions transportant du carburant ont été interceptés et vidés par les combattants. « Le JNIM exerce une pression accrue pour asphyxier Bamako et miner la légitimité du pouvoir en place », a déclaré Mariko Abdoulaye, enseignant-chercheur à l’université de Bamako.

Face à cette menace, l’armée a lancé des opérations dans les villes de Diéma et Nioro. Selon un colonel déployé sur place, celles-ci ont inclus des frappes aériennes et permis de libérer des otages détenus par les assaillants. Toutefois, la tension reste vive sur les principaux axes routiers. Plusieurs compagnies de transport ont suspendu leurs activités sur la route Bamako-Dakar, tandis que l’axe reliant Bamako à Ségou a également été perturbé, selon un responsable syndical malien.

La situation affecte aussi les pays voisins. Vendredi, six chauffeurs sénégalais ont été enlevés par un groupe armé avant d’être relâchés le lendemain, a indiqué le syndicat des transporteurs sénégalais. Depuis mai, la région de Kayes est la cible d’attaques répétées contre des entreprises locales et étrangères, notamment dans les secteurs du ciment, du sucre et des mines. De grands acteurs miniers internationaux, tels que Barrick Mining et B2Gold, y sont implantés.

Pour les observateurs, la rapidité avec laquelle le JNIM a pu instaurer ce blocus démontre sa capacité opérationnelle et sa stratégie d’encerclement des villes. « Leur objectif est clair : pousser la population à manifester contre la transition et fragiliser encore davantage l’autorité de l’État », souligne un analyste basé à Bamako, qui préfère garder l’anonymat.

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