
Les deux journalistes de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM), enlevés le 16 octobre dernier entre Konna et Sevaré, dans la région de Mopti, sont apparus lundi soir dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Les deux hommes, Daouda Koné et Salif Sangaré, y demandent aux autorités maliennes d’intervenir afin d’obtenir leur libération. Cette apparition constitue la première preuve de vie rendue publique depuis leur enlèvement par les membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda.
Les faits remontent à la mi-octobre, alors que les deux journalistes effectuaient un déplacement professionnel à bord d’un bus de transport en commun reliant Konna à Sevaré. Selon plusieurs témoins, le véhicule avait été intercepté par des combattants du JNIM qui avaient procédé à un contrôle rapide des passagers. Le bus avait finalement été autorisé à reprendre la route, mais sans les deux employés de la télévision nationale. Depuis ce jour, Daouda Koné et Salif Sangaré étaient considérés comme otages du groupe jihadiste, sans que des informations précises ne filtrent sur leur état de santé ou leurs conditions de détention.
Dans la vidéo rendue publique lundi, les deux journalistes apparaissent assis, s’exprimant chacun brièvement. Ils affirment se porter relativement bien et lancent un appel au gouvernement malien pour « faciliter leur libération ». Aucune indication supplémentaire n’a été donnée concernant leurs ravisseurs, leurs revendications ou d’éventuelles conditions posées pour un dialogue.
Le gouvernement malien n’a pas réagi officiellement à cette diffusion au moment où l’information a commencé à circuler. Toutefois, plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse ont exprimé leur préoccupation et appelé les autorités à œuvrer pour un dénouement rapide. Dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans le centre du pays, les enlèvements ciblant les civils, notamment les journalistes et les travailleurs humanitaires, demeurent fréquents.
Cette nouvelle preuve de vie représente un élément important dans le suivi de la situation, mais laisse de nombreuses interrogations quant à la suite des événements. Les familles de Daouda Koné et de Salif Sangaré, qui n’ont cessé d’espérer un retour sain et sauf de leurs proches, appellent également à la mobilisation et à la vigilance face à une situation qui rappelle la vulnérabilité persistante des acteurs des médias dans les zones touchées par le conflit armé au Mali.









