Accueil AFRIQUE Côte d’Ivoire : les recettes fiscales atteignent 4 469 milliards FCFA à...

Côte d’Ivoire : les recettes fiscales atteignent 4 469 milliards FCFA à fin septembre 2026

photo d'illustration

La Direction générale des impôts (DGI) de Côte d’Ivoire a mobilisé 4 469,2 milliards de francs CFA au terme des neuf premiers mois de 2026, selon les chiffres présentés le 23 octobre à Abidjan. Cette performance représente 99,5 % de l’objectif fixé pour la période et une progression annuelle de 18,8 %. Pour le dernier trimestre, l’administration fiscale vise une collecte supplémentaire de 1 400 milliards de francs CFA et ambitionne de dépasser 6 000 milliards sur l’ensemble de l’exercice. Ces résultats interrogent la capacité de l’État à accroître ses ressources, à financer ses engagements budgétaires et à maintenir un équilibre entre rendement fiscal et respect des obligations des contribuables.

Les données présentées par le directeur général des impôts, Ouattara Abou Sié, permettent de préciser la portée des résultats annoncés. Au troisième trimestre 2026, la DGI a enregistré 1 476,2 milliards de francs CFA de recettes brutes, contre un objectif de 1 504,4 milliards, soit un taux de réalisation de 98,1 %. Par rapport à la même période de 2025, les recettes ont progressé de 227,5 milliards, correspondant à une hausse de 18,2 %. À fin septembre, l’augmentation cumulée atteint 708,7 milliards de francs CFA sur un an.

Toutefois, une distinction s’impose entre les sommes effectivement mobilisées et les objectifs annoncés. Les 4 469,2 milliards correspondent aux recettes cumulées de janvier à septembre, et non à une prévision pour l’ensemble de l’année. Selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP), l’objectif cumulé pour cette période était de 4 499,4 milliards de francs CFA. L’écart s’établit donc à environ 30,2 milliards, malgré un taux de réalisation de 99,5 %. La performance est proche de la cible, mais celle-ci n’a pas été intégralement atteinte.

Pour le quatrième trimestre, la DGI prévoit 1 400 milliards de francs CFA de recettes. L’administration devra ainsi maintenir un rythme élevé de recouvrement pour se rapprocher de son ambition annuelle. Le gouvernement avait fixé à 5 890 milliards de francs CFA l’objectif de recettes fiscales pour 2026, tandis que la direction générale entend franchir le seuil des 6 000 milliards. Cette ambition dépasse donc de plus de 110 milliards l’objectif gouvernemental initial. Elle constitue une cible de gestion, et non un résultat acquis.

La stratégie annoncée repose notamment sur l’accélération du traitement des contentieux fiscaux, l’amélioration du recouvrement des impôts dus au titre de 2026 et la récupération des arriérés des exercices précédents. Ces mesures peuvent contribuer à convertir les créances fiscales en recettes encaissées. Leur rendement dépendra néanmoins des montants effectivement recouvrables, des délais de traitement et de la capacité des services à exécuter les procédures dans le respect des règles applicables. Les chiffres publiés ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la contribution respective de chaque levier.

Au-delà du niveau des recettes, l’enjeu concerne également l’efficacité du système fiscal et la répartition de l’effort contributif. Un recouvrement plus performant suppose une meilleure identification des activités imposables, une limitation des défaillances déclaratives et une application cohérente des obligations fiscales. Le renforcement des contrôles peut contribuer à réduire les écarts entre les impôts dus et les montants effectivement payés.

Il doit toutefois s’accompagner de procédures transparentes et prévisibles pour les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, dont la trésorerie peut être affectée par les retards de paiement, les redressements ou les litiges fiscaux. Les informations disponibles ne fournissent pas de ventilation détaillée des recettes par catégorie d’impôt ni par secteur économique. Il serait donc prématuré d’attribuer la progression observée à un prélèvement particulier ou d’en déduire ses effets précis sur les ménages et les entreprises.

La capacité de mobilisation fiscale doit également être appréciée au regard des besoins de financement de l’État. Le projet de budget ivoirien pour 2026 s’établit à 17 350,2 milliards de francs CFA, selon les données gouvernementales relatives au projet de budget 2027. Les recettes de la DGI ne représentent toutefois qu’une composante des ressources publiques : elles ne doivent pas être confondues avec l’ensemble des recettes budgétaires, qui comprennent d’autres prélèvements et ressources.

Pour évaluer la contribution effective de la performance fiscale au financement des infrastructures, de l’éducation, de la santé et des autres services publics, il faudra rapprocher les résultats définitifs de recouvrement des données d’exécution budgétaire et des dépenses réellement engagées.

En définitive, les résultats arrêtés à fin septembre témoignent d’une progression mesurable des recettes fiscales ivoiriennes, avec une hausse de 18,8 % sur un an et un taux de réalisation proche de l’objectif cumulé. La dernière étape consiste à transformer cette dynamique en encaissements supplémentaires, sans confondre ambition annuelle et performance acquise. Le bilan définitif devra permettre de vérifier si le seuil de 6 000 milliards de francs CFA a été franchi, d’identifier les sources de croissance des recettes et d’apprécier les résultats du renforcement du recouvrement. C’est à cette condition que les chiffres annoncés pourront éclairer précisément la contribution de la fiscalité au financement des politiques publiques et à la soutenabilité des finances de l’État.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!