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Libye : le chef du renseignement militaire de l’Est tué dans un attentat

photo d'illustration

Le chef du renseignement militaire des forces de l’Est libyen a été tué lundi à Benghazi dans l’explosion de son véhicule. L’attentat intervient dans un pays toujours partagé entre autorités rivales et structures militaires concurrentes. Les circonstances précises de l’opération, son commanditaire et ses éventuelles motivations restent toutefois inconnus à ce stade.

Le général de brigade Fowzi Mansouri, chef du renseignement militaire de l’Armée nationale libyenne (ANL) dans l’Est, a été tué lundi soir dans le quartier de Hawari, à Benghazi, selon deux sources sécuritaires citées par Reuters. Un engin explosif a détoné dans sa voiture alors qu’elle se trouvait à proximité de son domicile. Les sources, qui ont requis l’anonymat, n’ont fourni aucune indication permettant d’identifier les auteurs ou de déterminer précisément la nature du dispositif utilisé.

Cette absence d’éléments sur le commanditaire est centrale. À ce stade, aucune responsabilité ne peut donc être attribuée de manière documentée à un groupe armé, à une organisation jihadiste ou à un acteur politique. L’hypothèse d’un règlement de comptes interne, d’une opération visant l’appareil militaire de l’Est ou d’une action liée aux rivalités politiques ne peut pas être retenue comme un fait sans résultats d’enquête. L’attentat devra notamment être replacé dans le contexte sécuritaire de Benghazi et de l’Est libyen, où des affrontements et assassinats ont marqué les années précédentes.

La portée de la disparition de Mansouri tient aussi à sa fonction. Le renseignement militaire constitue un maillon important dans la collecte, l’analyse et la circulation d’informations au sein d’une structure armée. Son assassinat intervient alors que l’ANL, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, conserve le contrôle d’une grande partie de l’Est et du Sud du pays et reste alignée sur les autorités établies à Benghazi. À l’Ouest, le Gouvernement d’unité nationale, basé à Tripoli, exerce son autorité sur une grande partie du territoire occidental.

L’événement survient également dans une période politique sensible. Les Nations unies cherchent toujours à favoriser un processus politique permettant de réunifier les institutions libyennes et de créer les conditions d’élections nationales. En juin, la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Hanna Tetteh, estimait que la dynamique politique avait retrouvé un certain élan, tout en soulignant sa fragilité. Elle rappelait également que deux autorités de facto continuent de fonctionner à l’Est et à l’Ouest.

Dans ces conditions, l’assassinat de Mansouri constitue d’abord un nouvel indicateur de la vulnérabilité persistante des structures sécuritaires libyennes. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une reprise généralisée des hostilités. Une escalade dépendra notamment de l’identité des auteurs, de la réponse des autorités de Benghazi et d’éventuelles représailles. Pour le processus politique, l’enjeu sera de savoir si cette attaque reste un événement sécuritaire isolé ou si elle s’inscrit dans une séquence plus large susceptible de détériorer davantage la confiance entre les acteurs rivaux. Pour l’heure, les faits disponibles ne permettent pas d’aller au-delà de ces constats.

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