Home AFRIQUE Les BRICS s’unissent pour remodeler l’ordre mondial hérité de la Seconde Guerre...

Les BRICS s’unissent pour remodeler l’ordre mondial hérité de la Seconde Guerre mondiale

photo d'illustration

Dans un contexte de bouleversements géopolitiques croissants, les pays membres du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont réaffirmé leur volonté de remodeler l’ordre mondial hérité de la Seconde Guerre mondiale. Réunis lors d’un sommet historique à Rio de Janeiro, élargi cette année à de nouveaux membres tels que l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie et l’Arabie saoudite, les dirigeants du bloc ont exprimé un consensus inédit autour de la nécessité de « rééquilibrer le pouvoir mondial ».

Depuis sa fondation en 2009, le groupe BRICS s’est présenté comme une alternative à l’hégémonie occidentale. Mais cette fois, le ton a changé. Moins axés sur la coopération économique classique, les échanges ont porté sur une transformation structurelle des institutions internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, et le Conseil de sécurité de l’ONU.

« Le monde d’aujourd’hui ne peut plus être régi par les règles d’hier », a déclaré le président brésilien, soulignant que l’ordre international établi en 1945 ne reflète plus les réalités démographiques, économiques et politiques du XXIe siècle. De son côté, le président chinois a appelé à un « multilatéralisme authentique, débarrassé de la logique des blocs et du monopole décisionnel ».

Au cœur de cette dynamique : la volonté d’instaurer une gouvernance mondiale plus équitable, où les pays du Sud jouent un rôle central. Pour ce faire, les BRICS misent sur le renforcement de leurs propres institutions parallèles. La Nouvelle Banque de Développement (NDB), par exemple, a annoncé une augmentation de capital visant à financer des projets dans les pays émergents sans conditionnalité politique.

Sur le plan monétaire, la question de la dé-dollarisation est revenue en force. Plusieurs membres ont plaidé pour la création d’une unité de compte commune pour les échanges inter-BRICS, voire pour une nouvelle monnaie destinée à réduire la dépendance au dollar américain dans le commerce mondial.

Cette volonté de refondation ne fait cependant pas l’unanimité. Nombre d’analystes occidentaux voient dans cette posture une remise en cause de l’ordre libéral fondé sur des principes universels, au profit de régimes autoritaires. Mais pour les dirigeants du Sud global, il ne s’agit pas de détruire, mais de rééquilibrer. « Il ne s’agit pas de substituer une domination à une autre, mais d’inclure ceux qui ont été exclus », a déclaré le président sud-africain.

Les défis sont toutefois nombreux : divergences internes entre membres, ambitions concurrentes, questions de gouvernance… Pourtant, le bloc BRICS, fort de son poids économique et démographique croissant, semble déterminé à peser davantage sur les grandes décisions internationales.

À l’aube de cette nouvelle configuration mondiale, le sommet du Cap pourrait bien marquer un tournant décisif. Les BRICS ne se contentent plus d’être un club d’émergents : ils entendent être des architectes d’un nouvel ordre mondial, moins centré sur l’Occident et plus représentatif des équilibres planétaires actuels.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here
Captcha verification failed!
CAPTCHA user score failed. Please contact us!