
La Confédération africaine de football (CAF) ne souffre plus d’un simple problème d’organisation : elle traverse une véritable crise de légitimité. À force d’amateurisme et d’improvisation, elle a fini par installer un climat de suspicion qui éclabousse injustement le pays hôte, fragilisant ainsi la crédibilité du football africain tout entier. Une institution est toujours le miroir de sa propre gouvernance. Or, lorsque le désordre devient la norme, ce n’est plus un accident, mais une faillite structurelle.
La finale surréaliste vécue à Rabah entre le Maroc et le Sénégal, marquée par des décisions arbitrales contestées et un environnement sécuritaire défaillant, a fait office de bombe. Comme souvent, et dans le tumulte post-match, la colère populaire s’est rapidement tournée vers le pays organisateur. C’est bien là, une erreur d’analyse. Le Maroc, comme n’importe quel autre État hôte, n’est pas l’architecte de ce chaos. Le véritable centre de gravité du problème reste bien la Confédération africaine de football (CAF).
Je ne nie pas ici des soupçons de collusion et d’influence qui existeraient entre certaines autorités du football marocain et la CAF. Bien au contraire, ils ne font que révéler au grand jour, une réalité encore plus grave : une confédération incapable d’imposer des standards professionnels, de garantir l’indépendance de l’arbitrage, de sécuriser ses terrains et, surtout, de résister aux pressions politiques et financières.
Le scandale dont le monde entier a été témoin lors de cette finale du 18 janvier 2026 n’est donc pas circonstanciel. Il est avant tout institutionnel. Tant que la CAF continuera à gérer ses compétitions comme des événements de fortune, chaque CAN sera un procès en légitimité et chaque finale, un soupçon de manipulation du pays organisateur.
A mon avis, le football africain mérite mieux que cette gouvernance erratique de Patrice Motsepe. Sans une réforme profonde, courageuse et transparente, la CAF continuera encore et encore de transformer ses plus grandes célébrations sportives en tribunaux populaires.










