
La Nairobi Securities Exchange (NSE) prépare le lancement, avant la fin de 2026, d’un fonds négocié en Bourse (ETF) consacré aux entreprises exposées à l’intelligence artificielle. Présenté par Reuters comme une première en Afrique de l’Est, le projet doit offrir aux investisseurs kényans un accès local à un secteur financier et technologique en forte expansion. L’initiative intervient toutefois dans un contexte de progression rapide des marchés actions et d’interrogations sur la valorisation des actifs liés à l’IA.
La NSE entend ainsi élargir la gamme de produits accessibles sur son marché. Selon son directeur général, Frank Mwiti, l’ETF devrait reposer sur un panier d’entreprises ayant une exposition directe à l’intelligence artificielle. Microsoft, OpenAI et Anthropic ont été cités comme références possibles pour définir cet univers d’investissement. Cette précision ne signifie pas que toutes ces entreprises seraient nécessairement détenues par le fonds : OpenAI et Anthropic, notamment, ne sont pas des sociétés cotées. Le détail définitif du portefeuille et de la méthodologie reste donc à établir.
Le projet répond également à une évolution de la demande des investisseurs kényans. La NSE estime que les jeunes investisseurs manifestent un intérêt croissant pour les technologies et les actifs liés à l’IA. Le développement des services de négociation d’actions sur M-Pesa, lancé en février, aurait contribué à attirer environ un million de nouveaux investisseurs sur le marché, selon Frank Mwiti. La Bourse souhaite parallèlement limiter les sorties de capitaux vers les marchés étrangers en proposant davantage de produits localement.
Le contexte boursier donne au projet une dimension particulière. Le marché actions kényan avait progressé de plus de 30 % depuis le début de 2026 au moment où Reuters rapportait ces informations. Sa capitalisation avait atteint un niveau record de 4 000 milliards de shillings, soit environ 31 milliards de dollars, selon les données communiquées par la NSE. Frank Mwiti envisageait une capitalisation de 5 000 milliards de shillings à la fin de l’année.
Cette dynamique doit néanmoins être distinguée d’une garantie de rendement. La direction de la NSE reconnaît elle-même les interrogations entourant une éventuelle bulle des actifs liés à l’IA et envisage de retarder le lancement si les conditions de marché le justifient. L’ETF devrait par ailleurs être libellé en shillings kényans, afin notamment de réduire l’exposition des investisseurs locaux au risque de change.
L’initiative ne constitue pas le premier ETF africain donnant accès à l’intelligence artificielle. En mars 2026, la Johannesburg Stock Exchange avait déjà admis à la cote l’Ivy EasyETFs AI Innovation Actively Managed ETF, permettant aux investisseurs sud-africains d’accéder à des entreprises mondiales liées à l’IA. La spécificité du projet kényan réside donc dans son caractère présenté comme une première pour l’Afrique de l’Est.
Avec ce projet, Nairobi cherche à rapprocher son marché financier de l’économie numérique mondiale. Au-delà de l’effet de nouveauté, l’enjeu sera de déterminer la composition du fonds, son cadre réglementaire, son niveau de risque et sa capacité à répondre durablement à la demande des investisseurs. L’expérience kényane pourrait ainsi constituer un indicateur intéressant de la manière dont les marchés africains intègrent progressivement l’intelligence artificielle dans leurs instruments de financement et d’investissement.








