
À moins d’un an de l’élection générale prévue le 10 août 2027, le climat politique kényan fait l’objet d’une attention accrue en raison de plusieurs incidents violents survenus lors de rassemblements. Selon un recensement publié le 26 septembre par le Daily Nation, au moins 11 personnes ont perdu la vie dans des violences ou incidents liés à des rassemblements politiques depuis février 2026.
Les incidents recensés se sont produits dans plusieurs comtés, notamment à Homa Bay, Nairobi, Kisumu, Kisii, Vihiga, Kajiado et Embu. Le Daily Nation indique également que son suivi des violences politiques entre janvier et septembre 2026 fait état de 17 décès et de 103 blessés, selon les données présentées dans sa cartographie des zones de tension. Ces chiffres relèvent toutefois d’un dispositif de recensement spécifique et ne doivent pas être assimilés automatiquement au bilan de l’ensemble des violences politiques enregistrées dans le pays.
L’un des épisodes les plus documentés s’est produit en août à Homa Bay, dans l’ouest du pays, lors d’un rassemblement associé au mouvement Linda Mwananchi. L’Institute for Security Studies rapporte que deux personnes ont été tuées, 46 autres blessées et six véhicules incendiés. L’organisation indique également que la police avait procédé à l’arrestation de 17 personnes soupçonnées d’appartenir à des groupes impliqués dans les violences. Certaines accusations visant des acteurs politiques demeurent, elles, contestées et relèvent d’enquêtes ou de récits contradictoires.
Quelques semaines plus tard, un autre affrontement est survenu à Nembure, dans le comté d’Embu, lors d’une réunion politique à laquelle participait le vice-président Kithure Kindiki. D’après le Daily Nation, une personne a été tuée après des affrontements entre des jeunes et la police, tandis que six véhicules ont été incendiés. Les forces de l’ordre ont notamment utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les groupes impliqués dans les affrontements.
Face à cette situation, la National Cohesion and Integration Commission (NCIC) a indiqué travailler avec d’autres institutions et des acteurs non étatiques afin d’identifier les zones susceptibles de devenir des foyers de conflit, dans le cadre d’un mécanisme d’alerte précoce. La nouvelle équipe dirigeante de la commission, entrée en fonction en mai 2026, a placé la prévention des tensions politiques et ethniques parmi ses priorités à l’approche du scrutin.
Le calendrier électoral officiel prévoit que les campagnes débuteront le 29 mai 2027 et s’achèveront le 7 août, trois jours avant le scrutin. L’IEBC prépare donc déjà les différentes étapes du processus électoral.
La succession d’incidents violents ne permet pas, à elle seule, de déterminer l’évolution future de la situation. Elle constitue néanmoins un élément observé par les institutions chargées de la sécurité, de la cohésion nationale et de l’organisation électorale. À mesure que les activités politiques s’intensifient, la capacité des autorités et des formations politiques à maintenir des rassemblements pacifiques constituera un indicateur important du climat entourant les élections de 2027.











