
Dans un contexte politique déjà tendu, les principales forces de l’opposition guinéenne ont lancé un appel au boycott actif du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre. Les Forces vives, coalition regroupant l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), l’Union des Forces Républicaines (UFR) ainsi que le mouvement citoyen Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), estiment que ce scrutin est dépourvu de légitimité.
Dans un communiqué publié mardi, ces partis et mouvements affirment ne pas vouloir « s’associer » à un processus qu’ils qualifient de « mascarade ». Selon eux, l’objectif réel de ce référendum serait « d’ouvrir la voie à une présidence à vie » pour le chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya.
Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2021, suite à un coup d’État ayant renversé le président Alpha Condé, Doumbouya a promis de réformer la Constitution guinéenne. La tenue de ce référendum, qui vise à modifier certaines dispositions fondamentales sur le mandat présidentiel, cristallise de vives tensions politiques. L’opposition dénonce une concentration excessive du pouvoir entre les mains de la junte et met en garde contre les risques de déstabilisation institutionnelle.
Les Forces vives appellent la population à faire preuve de vigilance et à ne pas participer à un processus qu’elles considèrent comme biaisé. « Il ne s’agit pas seulement d’un vote, mais d’un signal politique fort contre un projet de consolidation du pouvoir personnel », souligne l’un des responsables de l’UFDG.
Du côté du gouvernement, aucun commentaire officiel n’a été publié concernant l’appel au boycott, mais les autorités assurent que le référendum se déroulera dans le respect des normes démocratiques. Des observateurs nationaux comme internationaux s’inquiètent toutefois de la montée des tensions et appellent à un dialogue inclusif pour éviter toute crise post-référendaire.
Le scrutin, qui se tiendra le 21 septembre prochain, s’annonce déjà comme un moment crucial pour l’avenir institutionnel et politique de la Guinée, déjà au cœur d’un climat de méfiance entre la junte et les formations politiques de l’opposition.










