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Guinée : distribution des cartes d’électeurs sous haute tension à l’approche du référendum constitutionnel

photo d'illustration


En Guinée, la scène politique s’anime à mesure que s’approche le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025. Depuis le samedi 6 septembre, les autorités électorales ont entamé la distribution des cartes d’électeurs dans les différents quartiers du pays. Chaque citoyen inscrit sur la liste électorale est appelé à retirer ce document indispensable pour participer au scrutin. Mais derrière cette opération administrative se cache un climat politique marqué par de vives tensions.

La contestation découle principalement de l’exclusion de trois grands partis de l’opposition du processus référendaire. Pour leurs militants, cette décision fragilise la légitimité du scrutin et alimente le sentiment d’un processus verrouillé. Plusieurs responsables politiques dénoncent un manque d’inclusivité et craignent que l’adoption d’une nouvelle Constitution dans ces conditions ne soit source de divisions durables.

Du côté des autorités, l’argument avancé repose sur le respect des critères de participation et des délais légaux. Le gouvernement assure que toutes les dispositions ont été prises pour garantir un scrutin crédible et apaisé. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), elle, insiste sur le caractère purement technique de la distribution des cartes, invitant les électeurs à se mobiliser pour récupérer le document dans les délais impartis.

Cependant, sur le terrain, la tension est palpable. Dans plusieurs quartiers de Conakry comme dans les grandes villes de l’intérieur du pays, des files d’attente se forment devant les centres de retrait, parfois dans une atmosphère mêlant impatience et inquiétude. Certains citoyens expriment leur détermination à voter, considérant le référendum comme une opportunité de changement institutionnel. D’autres, en revanche, doutent de la transparence du processus et redoutent des violences post-électorales.

Les organisations de la société civile et plusieurs partenaires internationaux appellent au dialogue entre gouvernement et opposition afin d’apaiser le climat. Des observateurs préviennent que la crédibilité du scrutin dépendra moins du bon déroulement logistique que de la capacité des acteurs politiques à restaurer la confiance autour du processus.

À deux semaines du rendez-vous, la Guinée se trouve donc à un carrefour décisif. Le référendum du 21 septembre ne sera pas seulement un exercice de vote : il cristallisera les espoirs de certains pour un nouvel ordre institutionnel, tout en réveillant les craintes d’autres d’un durcissement du paysage politique. La distribution des cartes, aujourd’hui en cours, n’est que la première étape d’un scrutin placé sous le signe de la tension et de l’incertitude.


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