
Le Gabon a réaffirmé sa détermination à appliquer strictement l’interdiction d’exportation du manganèse brut prévue pour 2029, balayant les inquiétudes liées aux pénuries d’énergie qui pourraient freiner les projets industriels. Cette position a été clairement exprimée par le ministre gabonais des Mines, selon des propos rapportés par Reuters.
Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon a engagé depuis plusieurs années une stratégie de transformation locale de ses ressources minières. L’objectif est double : accroître la valeur ajoutée nationale et réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes, longtemps dominantes dans l’économie extractive du pays.
Face aux opérateurs miniers qui évoquent des contraintes énergétiques persistantes, notamment en matière de disponibilité et de fiabilité de l’électricité, le ministre des Mines a adopté un ton ferme. Les pénuries d’énergie, a-t-il insisté, ne sauraient être acceptées comme un motif valable pour retarder ou contourner l’interdiction d’exportation du manganèse brut. Selon lui, les avancées technologiques offrent désormais des solutions capables de pallier ces difficultés et de soutenir le développement des unités de raffinage sur le territoire national.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où le Gabon cherche à accélérer son industrialisation minière. Le manganèse, utilisé notamment dans la sidérurgie et la fabrication de batteries, représente un levier stratégique pour diversifier l’économie et renforcer les recettes publiques. En imposant la transformation locale, les autorités espèrent stimuler l’investissement industriel, créer des emplois qualifiés et développer des compétences techniques durables.
Toutefois, cette politique soulève des interrogations parmi les acteurs du secteur. La réussite de la transformation locale dépendra largement de la capacité du pays à sécuriser une offre énergétique suffisante et compétitive. Si le gouvernement mise sur les nouvelles technologies et sur des solutions innovantes, plusieurs observateurs estiment que des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques seront indispensables pour accompagner l’ambition affichée.
À l’approche de 2029, le message des autorités est clair : le calendrier ne sera pas revu à la baisse. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse la simple question du manganèse. Il s’agit d’affirmer une vision économique fondée sur la souveraineté industrielle et la montée en gamme de ses ressources naturelles. Reste à savoir si les conditions techniques, énergétiques et financières permettront de transformer cette ambition en succès durable.











