
L’examen du projet de budget de l’État pour 2026 commence ce lundi au sein de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, dans un climat politique marqué par de vives tensions. Le gouvernement de Sébastien Lecornu se trouve sous pression, après l’échec de la censure à l’Assemblée et une série de désaccords sur les grandes lignes du projet de loi de finances.
Les groupes politiques, notamment la gauche et l’extrême droite, ont exprimé leur volonté d’amender en profondeur le budget, jugé insatisfaisant par de nombreux partis. Les débats s’annoncent houleux, avec un socle commun déjà fracturé et des divergences au sein même de la gauche, particulièrement entre socialistes et insoumis, et une droite en quête d’une union avec l’extrême droite.
Un autre facteur qui pèse sur ces négociations est la récente décision de l’agence de notation S&P, qui a abaissé d’un cran la note de la France. Cette révision intervient malgré la présentation du projet de budget 2026, soulignant une « incertitude élevée » concernant l’avenir des finances publiques. Cette annonce, combinée aux inquiétudes sur la gestion budgétaire, ajoute une pression supplémentaire sur le gouvernement qui prévoit un effort d’environ 30 milliards d’euros pour l’année prochaine, dont 14 milliards de nouveaux prélèvements et 17 milliards d’économies de dépenses. L’objectif est de réduire le déficit public à 4,7% du PIB, bien que le gouvernement ait exprimé une certaine flexibilité sur cet objectif, évoquant la possibilité d’un compromis autour de 5%.
Le calendrier parlementaire est serré. La commission des Finances entamera lundi l’examen de la première partie du projet, consacrée aux recettes, pour une arrivée du texte dans l’hémicycle prévue vendredi, suivie d’un vote solennel attendu le 4 novembre. Les députés disposent de 70 jours pour finaliser les discussions, avec une promulgation avant le 31 décembre. Dans ce cadre, le gouvernement a renoncé à l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution, qui permettrait de faire adopter le texte sans vote, s’engageant à respecter le rôle central du Parlement.
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit des mesures controversées, notamment une maîtrise des dépenses publiques, une taxe exceptionnelle sur les hauts revenus et la suppression de plus de 3 000 postes de fonctionnaires. La gauche, par l’intermédiaire du Parti Socialiste, défend la nécessité de corriger ce budget jugé « très injuste », tandis que le Rassemblement national annonce des combats pour éviter les hausses d’impôts.
Au-delà des débats sur le budget, un autre projet de loi, celui de financement de la sécurité sociale (PLFSS), fera l’objet d’un examen à partir de jeudi par la commission des Affaires sociales, après des auditions ministérielles prévues mardi. Ce double examen législatif promet des échanges encore plus intenses à l’approche de la fin de l’année.












