
Le soutien des 54 associations membres de la Confédération africaine de football (CAF) à Gianni Infantino, en vue de l’élection à la présidence de la FIFA prévue en mars 2027, met en lumière le poids institutionnel du continent dans la gouvernance du football mondial. Annoncée lors d’une rencontre au Cap-Vert, cette position collective intervient alors que les perspectives de candidature se précisent. Elle soulève également des questions sur les contreparties attendues par les fédérations africaines et sur la place du continent dans les décisions de l’instance internationale.
Selon les informations rapportées par Reuters, les 54 fédérations africaines ont exprimé leur soutien au dirigeant de la FIFA à l’occasion d’un symposium consacré au développement du football en Afrique. Cette déclaration constitue un signal politique dans la perspective du prochain scrutin, sans pour autant préjuger de son résultat. Elle traduit, à ce stade, une convergence de positions entre les associations membres de la CAF et le président sortant, dont le bilan et les engagements constituent désormais des éléments centraux du débat.
Depuis son accession à la présidence de la FIFA en février 2016, Gianni Infantino a placé le développement du football parmi les axes de communication de son mandat. Au Cap-Vert, il a notamment mis en avant les investissements de l’organisation sur le continent et promis de poursuivre son soutien aux infrastructures et aux compétitions. Pour les fédérations africaines, ces domaines représentent des enjeux concrets : amélioration des installations sportives, formation des joueurs et des entraîneurs, structuration des championnats et renforcement des capacités administratives.
Toutefois, l’annonce d’un soutien collectif ne permet pas, à elle seule, de mesurer les résultats des programmes engagés. Une appréciation complète suppose de disposer de données détaillées sur les financements alloués à chaque pays, les projets effectivement achevés, leur répartition géographique et leurs retombées sur le football local. Les engagements futurs gagneront également à être examinés à la lumière de calendriers précis, de budgets identifiables et de mécanismes transparents d’évaluation.
Sur le plan institutionnel, l’Afrique dispose d’un levier électoral significatif. Avec 54 associations membres sur les 211 associations affiliées à la FIFA, selon la composition traditionnellement publiée par l’instance, le continent représente environ 25,6 % de l’ensemble des membres. Chaque association disposant d’une voix lors du Congrès de la FIFA, ce bloc constitue un interlocuteur important dans les discussions sur l’orientation de l’organisation. Son influence ne se limite cependant pas au nombre de voix : elle dépend aussi de sa capacité à définir des priorités communes et à obtenir des engagements vérifiables.
Le contexte électoral demeure par ailleurs ouvert. Reuters rapporte que Ramon Vega a annoncé son intention de contester la présidence, tandis qu’Aleksander Čeferin a indiqué qu’il ne serait pas candidat. Ces déclarations doivent être distinguées de la publication des candidatures officiellement enregistrées et validées par la FIFA. Le calendrier électoral, les conditions d’éligibilité et les positions des autres confédérations seront donc déterminants pour comprendre la configuration réelle du scrutin.
Pour les fédérations africaines, l’enjeu dépasse la désignation d’un président. Il concerne aussi le financement du football de base, l’accès aux compétitions internationales, la formation, les infrastructures et la représentation dans les organes décisionnels. Un soutien politique peut renforcer leur capacité de négociation, à condition qu’il s’accompagne d’objectifs partagés et d’un suivi rigoureux des engagements.
À l’approche de mars 2027, la portée de cette position collective se mesurera ainsi moins à son caractère unanime qu’aux résultats concrets qu’elle permettra d’obtenir. La publication des candidatures officielles, la précision des engagements financiers et l’évolution des rapports entre confédérations seront les principaux indicateurs à suivre. Pour le football africain, la question centrale reste celle de la conversion de son poids électoral en progrès durables pour ses fédérations, ses clubs, ses joueurs et ses infrastructures.











