
Les combats se sont intensifiés vendredi 25 septembre dans le nord de l’Éthiopie, notamment au Tigré et dans les régions voisines d’Amhara et d’Afar. Dans le même temps, les communications téléphoniques et l’accès à internet ont été fortement perturbés dans le Tigré. Cette situation intervient quelques jours après la reprise des hostilités entre forces fédérales et combattants tigréens, faisant craindre une nouvelle détérioration de la situation humanitaire.
Les services de télécommunications ont connu d’importantes perturbations dans le Tigré vendredi. Reuters indique que ses journalistes n’ont pas réussi à joindre plusieurs numéros utilisant le réseau de l’opérateur public Ethio telecom, tandis que la connexion avec des abonnés de l’opérateur privé Safaricom restait limitée. L’organisation spécialisée NetBlocks a également confirmé une perturbation de la connectivité internet dans le nord de l’Éthiopie.
La cause exacte de cette interruption n’était toutefois pas immédiatement établie. Des informations rapportées par Reuters font état d’une instruction donnée aux deux opérateurs afin de couper les communications dans la région, mais les circonstances précises de cette interruption restent sujettes à vérification. Les autorités fédérales éthiopiennes et les responsables politiques du Tigré n’avaient pas, dans l’immédiat, fourni d’explication publique permettant d’établir de manière indépendante l’origine de la coupure.
Ces perturbations interviennent alors que les affrontements se sont étendus à plusieurs zones du nord du pays. Selon Reuters, les combats ont repris mercredi au Tigré et se sont également manifestés dans les régions voisines d’Amhara et d’Afar. L’armée éthiopienne affirme avoir infligé d’importantes pertes aux forces tigréennes. Ces déclarations militaires n’ont pas pu être vérifiées indépendamment dans les zones concernées en raison notamment des difficultés d’accès et de communication.
La reprise des violences constitue une rupture avec l’accord de Pretoria signé en novembre 2022 sous l’égide de l’Union africaine, qui avait mis fin au conflit de 2020-2022. Cette guerre avait causé, selon une estimation de l’Union africaine citée par Reuters, environ 600 000 morts, en incluant les décès liés aux combats, à la famine et à l’effondrement des services de santé.
La nouvelle escalade intervient également après l’annonce, le 20 septembre, d’une alliance réunissant sept groupes armés éthiopiens, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et des groupes amhara. Cette coalition affirme vouloir renverser le gouvernement fédéral, tandis que les autorités éthiopiennes l’accusent notamment de bénéficier d’un soutien extérieur, ce que l’Érythrée dément.
Pour les populations civiles, les perturbations des communications compliquent déjà l’accès à l’information et les contacts avec les proches. Reuters et d’autres médias rapportent également que des habitants ont commencé à acheter des produits essentiels et à retirer des liquidités, dans un contexte de crainte d’une nouvelle rupture des approvisionnements.
La coupure partielle des télécommunications ajoute ainsi une dimension civile et informationnelle à l’escalade militaire en cours. Alors que les combats dépassent désormais le seul cadre du Tigré, la capacité à maintenir les communications et à vérifier indépendamment les informations sur le terrain constitue un enjeu majeur pour le suivi de la situation. L’évolution des affrontements dans les prochains jours sera déterminante pour mesurer l’ampleur réelle de cette nouvelle crise dans le nord de l’Éthiopie.











